L'acétyle-fentanyl: une nouvelle drogue gagne en popularité au Québec

Une nouvelle drogue de synthèse gagne en popularité chez les amateurs de... (Archives La Tribune)

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(Drummondville) Une nouvelle drogue de synthèse gagne en popularité chez les amateurs de sensations fortes et elle a de quoi faire frémir. L'acétyle fentanyl compte déjà quelques K.O. à son actif et les coroners commencent sérieusement à s'en méfier.

C'est en août 2014 que le coroner drummondvillois Yvon Garneau se bute à cette nouvelle substance pour la première fois. Appelé à travailler sur le décès du détenu Gérald Tougas, un homme de 64 ans pourtant en bonne condition physique, il a décidé de pousser un peu plus loin l'analyse du dossier et a fait l'affreuse découverte.

« Sur le coup, tout le monde pensait à un arrêt cardiaque, surtout qu'il avait déjà eu des problèmes avec son coeur. Malgré tout, je trouvais qu'il était bien jeune et ça a commencé à me jouer dans la tête. J'ai décidé de demander des analyses plus spécifiques à des chimistes plus spécifiques et on a trouvé de l'acétyle-fentanyl et de la nalaxone, deux cochonneries, dans son organisme », explique le spécialiste.

Me Garneau estime que ce type de drogue est fabriqué à partir de fentanyl, un médicament utilisé pour contrer le cancer et prescrit de façon minutieuse à des patients prédisposés à le recevoir. Il s'agit d'un analgésique opioïde ayant un potentiel 80 fois plus important que celui de la morphine.

« Il a été victime d'une intoxication mortelle. Il n'a jamais voulu mourir, mais s'est fait refiler les produits de trafiquants tordus. Il consommait derrière les murs, comme plusieurs le font. Tout le monde le sait, c'est un secret pour personne », ajoute-t-il.

 

En réaction à cette conclusion du rapport de coroner, Services correctionnels Canada a ordonné la tenue d'une enquête nationale. L'objectif sera de dénicher comment le détenu a pu se procurer cette substance. On tentera également d'évaluer l'ampleur du trafic de ce type de stupéfiants derrière les murs des prisons.

« Je suis content de constater que mon rapport n'a pas été tabletté. Il faut absolument qu'on parle de plus en plus de cette drogue très dangereuse. Si elle est administrée par timbre transdermique, la personne peut péter au froid assez vite », signifie-t-il.

 

D'autres cas

 

Depuis les événements d'août 2014, on a noté d'autres cas de décès et de malaises attribuables à l'acétyle-fentanyl. Deux personnes auraient été intoxiquées par cette drogue au Saguenay, mais ont été sauvées in extremis et le décès d'un autre individu survenu en mars 2015 en Outaouais a convaincu le coroner Dr Pierre Fortier d'émettre une recommandation à l'ordre des pharmaciens relativement à la gestion du fentanyl.

Il a recommandé que l'Ordre « mette sur pied un système par lequel tous les timbres d'opiacés émis sur prescription devront être retournés à la pharmacie une fois utilisés, pour s'assurer qu'ils ne sont pas éventuellement utilisés dans des circonstances d'abus ou pour le commerce ».

Selon l'Institut national de la santé publique du Québec, on a enregistré 81 mortalités liées au fentanyl au cours des 22 dernières années. De ce nombre, six étaient des suicides. Le phénomène de l'acétyle-fentanyl est toutefois contemporain.

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