Une victime de violence conjugale veut être représentée par avocat

Roxane Trépanier-De La Bruyère... (Imacom, Jocelyn Riendeau)

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Roxane Trépanier-De La Bruyère

Imacom, Jocelyn Riendeau

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(SHERBROOKE) Victime de violence conjugale au point où son ex-conjoint a attenté à sa vie, Roxane Trépanier-De La Bruyère veut faire bouger les choses pour aider non seulement les femmes qui vivent dans ce terrible silence, mais l'ensemble des victimes d'actes criminels.

La Sherbrookoise de 29 ans souhaite que les victimes soient représentées par leur propre avocat lorsqu'elles décident de prendre leur courage à deux mains et de dénoncer leur agresseur.

Elle vient de lancer une pétition sur Internet pour la défense des droits des victimes d'actes criminels qu'elle veut déposer aux députés de Sherbrooke Luc Fortin et de Richmond Karine Vallières.

«Les victimes n'ont pas assez de pouvoir. Je voudrais qu'une loi vienne mieux les reconnaître. Si un criminel peut se référer à son avocat, pourquoi ce ne serait pas le cas pour les victimes? Le procureur de la couronne représente la société, pas les victimes. J'aurais voulu avoir le choix de l'avocat qui parle en mon nom au tribunal», explique Roxane Trépanier-De La Bruyère.

Dans son cas, l'agresseur c'est Michaël Asselin, le père de son garçon, qui vient d'être condamné à 35 mois de prison à Thetford Mines pour l'avoir braquée, elle et ses enfants, avec une arme à feu prohibée, chargée. Asselin avait aussi été reconnu coupable de menaces de mort sur ses enfants et de possession d'arme prohibée avec des munitions.

«Avant de commettre le pire avec mes enfants, j'ai choisi de le quitter. J'avais entrepris des démarches pour partir sans qu'il le sache. J'ai choisi de le narguer, mais la situation a mal viré. C'est en revenant chez moi pour prendre un sac que les événements se sont déroulés. J'étais paniquée et complètement démunie lorsqu'il nous a braqués avec une arme. Ma fille est encore traumatisée par les événements», indique Roxane Trépanier-De La Bruyère.

«Parler des événements où tu t'es fait violer ou battre est quelque chose de très intime.»


Cette victime d'acte criminel garde un goût amer des procédures judiciaires.

«J'ai reçu des menaces de la famille de Michaël au cours des procédures judiciaires. Même s'il avait des conditions qui lui interdisaient de le faire, il continuait à communiquer avec moi. Je n'avais personne à qui me référer. Il a eu onze bris de conditions, mais ça aurait pu être le triple. Je n'étais pas prise au sérieux à travers le processus judiciaire. Je veux que les victimes soient mieux reconnues», souhaite Roxane Trépanier-De La Bruyère.

Victime à de multiples reprises de violence conjugale, Roxane Trépanier-De La Bruyère veut servir d'exemple à d'autres femmes victimes comme elle.

«Parler des événements où tu t'es fait violer ou battre est quelque chose de très intime. Pourquoi les victimes ne pourraient pas être représentées par une personne en qui elles ont confiance? Un criminel passe des heures à préparer sa cause avec son avocat, pourquoi la victime n'aurait pas le même traitement? » demande Roxane Trépanier-De La Bruyère.

Le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu a signé la pétition de cette victime d'actes criminels et pourrait porter cette idée de la représentation par un avocat des victimes auprès du ministre de la Justice du Canada.

«La représentation par un avocat de l'aide juridique lors du processus judiciaire est le souhait de plusieurs victimes d'actes criminels. Si seulement dix pour cent des agressions sexuelles sont dénoncées, une victime sur deux abandonne le processus par manque de soutien. Les victimes ont le droit à la participation et à la protection, mais cet aspect de la représentation judiciaire n'est pas inscrit dans la Charte du droit des victimes. Quelques provinces offrent aux victimes d'être représentées, mais ce n'est pas le cas au Québec. Si les criminels ont le droit d'avoir un avocat, les victimes devraient être traitées de façon égale particulièrement dans les cas de violence conjugale ou d'agression sexuelle», estime le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu.

Pour promouvoir sa cause, Roxane Trépanier-De La Bruyère a créé le groupe Facebook : «Soutien aux victimes d'actes criminels» et la pétition électronique est disponible au : http://www.petitions24.net/obtenir_un_projet_lois_pour_les_victimes_dacte_criminels.

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