L'ex-enseignant Simon Fortier règle ses comptes avec la justice

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(SHERBROOKE) L'ancien enseignant en éducation physique de Sherbrooke Simon Fortier a plaidé coupable vendredi à 90 chefs d'accusation en lien avec des gestes de nature sexuelle sur des mineurs sur Internet.
L'ancien employé de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) a même approché plusieurs élèves à qui il a enseigné au fil des années.

Fortier a réglé son imposant dossier au palais de justice de Sherbrooke en reconnaissant notamment avoir personnifié des jeunes femmes sur le web afin d'attirer de jeunes victimes dans ses filets.

Il a reconnu plusieurs accusations de possession et production de pornographie juvénile, d'extorsion, d'incitation à des contacts sexuels, de leurre informatique sur des jeunes de moins de 16 et 18 ans ainsi qu'une accusation d'incitation à la bestialité devant le juge Érick Vanchestein de la Cour du Québec.

Résigné, Simon Fortier a reconnu tous les gestes qui lui sont reprochés après la lecture de la longue liste d'accusations par son avocat Me Jean-Guillaume Blanchette. L'homme de 32 ans avait fait la lecture de toutes les dénonciations avant sa comparution au tribunal, hier. Il paraissait mal à l'aise à l'évocation des faits qu'il a reconnus.

Le prédateur sexuel a utilisé sensiblement la même façon de procéder pour attirer 60 jeunes filles mineures et un garçon dans ses griffes. Certaines des victimes fréquentaient même les écoles primaires où il enseignait.

Par trois profils féminins sur Facebook, il disait être en lien avec une agence de mannequins pour approcher les jeunes victimes adolescentes entre mai 2012 et jusqu'à son arrestation en octobre 2014.

Les victimes étaient invitées à aller vers Skype. Après un questionnaire de neuf questions, l'échange évoluait vers un jeu de vérité-conséquence à caractère sexuel.

Il a incité plusieurs de ses victimes à se toucher à des fins d'ordre sexuel et à commettre ces gestes sur d'autres fillettes devant la webcam. Il a même incité à des gestes de bestialité en demandant à une victime de commettre des gestes sexuels avec un chat.

Dans certains autres cas, il menaçait de rendre publiques des photos ou des vidéos compromettantes ou de répandre des rumeurs sur ses victimes si elles n'obéissent pas à ses demandes.

Certaines victimes sont tombées en amour avec un profil masculin créé de toutes pièces, alors que plusieurs autres adolescentes se considéraient la meilleure amie de certains profils féminins créés par Fortier.

À partir de son ordinateur à Sherbrooke, il cherchait à attirer des adolescentes non seulement de sa ville, mais aussi de Lévis, Trois-Rivières, Québec, Mont-Joli, Chicoutimi, Saint-Malachie en Beauce, Saint-Félix-de-Valois près de Joliette, Pointe-aux-Trembles et Edmundston au Nouveau-Brunswick.

Accusé le 30 octobre 2014 de divers chefs d'accusation en liens avec la pornographie juvénile, Fortier avait plaidé coupable deux semaines plus tard à 12 chefs d'accusation de leurre d'enfants de moins de 16 ans, de distribution de pornographie juvénile et d'incitation à des contacts sexuels sur six victimes mineures.

Ce sont donc 102 accusations que Fortier a reconnues.

Fortier est détenu depuis son arrestation.

« Mon client voulait régler rapidement ses dossiers. L'arrestation a été une délivrance pour lui. Il veut passer à autre chose et se réhabiliter », explique Me Blanchette.

C'est une vaste enquête de la Sûreté du Québec qui a permis de porter ces accusations. Le Service de police de Sherbrooke a aussi travaillé à cette enquête.

C'est la procureure aux poursuites criminelles au dossier Me Joanny Saint-Pierre qui a autorisé les plaintes dans ce dossier d'envergure.

Étant donné les nouveaux plaidoyers, elle a demandé un complément aux rapports psychiatriques et sexologiques avant que la peine soit imposée.

Le dossier a été remis au 10 novembre 2015 pour fixer la date des observations sur la peine.

Des peines minimales sont prévues au Code criminel pour plusieurs des accusations pour lesquelles Fortier a reconnu sa culpabilité.

Un long débat pourrait aussi s'enclencher sur le montant des suramendes obligatoires qui s'élève à 20 400 $ étant donné les nombreux dossiers.

Simon Fortier a démissionné de ses fonctions à la CSRS au moment où le conseil des commissaires s'apprêtait à statuer sur son cas.

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