Pascal Morin doit traiter son problème de toxicomanie

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(SHERBROOKE) Pascal Morin a obtenu la permission de se rendre une fois par semaine à la Maison Saint-Georges du Centre de réadaptation en dépendance de l'Estrie (CRDE) pour traiter notamment son problème de toxicomanie.

Dans une folie meurtrière en février 2012, l'homme a tué sa mère Ginette Roy-Morin et ses deux nièces Laurence et Juliette Fillion à Saint-Romain. Il avait été déclaré non criminellement responsable pour troubles mentaux.

Lors de la révision annuelle de son cas qui se déroulait lundi à Sherbrooke, la commission d'examen des troubles mentaux du Tribunal administratif du Québec (TAQ) a ajouté cette condition à celles imposées pour sa détention au département de psychiatrie du CHUS.

Avant de pouvoir bénéficier de ces sorties sécuritaires accompagnées d'un intervenant du CHUS, Morin devra d'abord passer six mois sans consommer de stupéfiants.

La psychiatre judiciaire Dre Martine Bérubé a relaté au TAQ que Morin a eu un test positif après avoir consommé de la cocaïne en juillet dernier. Cette drogue lui avait été fournie par un ami venu le visiter alors que les deux se trouvaient à la cafétéria du CHUS.

Outre cette rechute, Pascal Morin a montré certains signes encourageants au cours de la dernière année, notamment après un ajout de lithium à sa médication pour stabiliser son état relié à la schizophrénie.

Le TAQ réitère que Morin a besoin d'encadrement et qu'il conserve une difficulté à résister à la tentation des stupéfiants.

Cependant, les commissaires ont élargi les conditions imposées à Morin afin de « l'aider à trouver les outils » pour qu'il puisse se réadapter dans l'objectif ultime de mieux protéger le public étant donné sa dangerosité toujours présente.

De trois à cinq ans de réadaptation

La Dre Bérubé a expliqué aux commissaires que le cadre institutionnel dans lequel Morin est détenu ne lui permet plus de faire de progrès.

« Le travail en réadaptation va demander de trois à cinq ans afin de modifier son cheminement. Si on n'essaye pas, il ne se passera rien », a expliqué la Dre Bérubé aux commissaires.

La commission d'examen des troubles mentaux a insisté sur le fait que Morin devait demeurer dans un milieu sécuritaire lors de cette permission d'activité de réadaptation au CRDE, où il se joindra à un groupe.

«Pour venir à bout de sa dépendance, il doit faire des efforts, mais il n'en a pas la capacité.»


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Francis Fillion et Claudia Morin

La Tribune, René-Charles Quirion

Ses trois sorties d'un maximum de 15 minutes seul sur le terrain du CHUS sont maintenues de même que la condition de ne pas entrer en contact avec sa famille.

Comme à chaque audition du TAQ, les parents des deux petites victimes étaient présents et ont eu la possibilité de s'exprimer aux commissaires.

« Pour venir à bout de sa dépendance, il doit faire des efforts, mais il n'en a pas la capacité. Je doute de sa motivation. Toute la famille a encore peur de lui. Je voudrais qu'il soit détenu dans une autre région », mentionne la mère des victimes, Claudia Morin.

Le père des enfants Francis Fillion se demande à qui sera attribuée la responsabilité si Pascal Morin récidive étant donné qu'il a été déclaré non criminellement responsable pour le meurtre de ses deux filles.

« Quand tu tues ta mère et deux jeunes filles, ça va prendre quoi pour arrêter de consommer de la drogue? Je n'y crois pas et je n'y ai jamais cru à sa réadaptation. Appeler la police s'il rechute, je n'y crois pas. C'est Laurence qui avait appelé la police et elle est décédée aujourd'hui », a rappelé Francis Fillion aux commissaires.

Au cours de la dernière année, Victoria, la soeur cadette de Laurence et Juliette, a fait parvenir une lettre à Pascal Morin pour lui exprimer ses émotions à la suite du décès de ses soeurs. Selon la Dre Bérubé, cet élément a été mobilisateur dans le cheminement de son patient et a été utilisé comme outil thérapeutique.

Stoïque en fixant devant lui tout au long des heures d'audition, Pascal Morin s'est exprimé brièvement aux commissaires lorsqu'il y a été invité.

« Je veux prouver que je suis capable d'être comme tout le monde. Je veux prouver à Victoria que je suis capable de ne pas lui faire peur. »

Son avocat Me Benoit Gagnon de l'aide juridique a insisté sur le fait que la protection des victimes devait être mise au premier plan, mais que pour la protection de la société à court, moyen et long terme, il fallait aussi miser sur la réadaptation afin que son client puisse aller chercher des outils pour ne pas rechuter.

Me André Campagna et Me Laila Belgharras représentaient le ministère public.

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