Son passé d'agresseur sexuel le rattrape

Un homme de 69 ans du Canton de Hatley voit son passé d'agresseur sexuel le... (Archives La Tribune)

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(Sherbrooke) Un homme de 69 ans du Canton de Hatley voit son passé d'agresseur sexuel le rattraper pour des crimes commis entre 1971 et 1980, alors qu'il risque une peine de trois ans de prison.

Peu importe quand un crime à caractère sexuel a été commis, nul ne peut échapper aux conséquences des gestes, même s'ils datent de plus de 40 ans.

L'individu, dont la santé physique et cognitive commence à être lourdement affectée, devrait prendre le chemin du pénitencier pour trois ans le 29 octobre prochain à la suite d'une suggestion commune faite, mardi, au palais de justice de Sherbrooke par le procureur aux poursuites criminelles Me Claude Robitaille et l'avocat de la défense Me Marc-André Champagne de l'aide juridique.

L'individu, qui est père de trois enfants et même grand-père, a reconnu en juin 2014 des gestes d'agression de grossière indécence sur un jeune voisin entre 1971 et 1980 ainsi que d'avoir eu des relations sexuelles avec une mineure de moins de 14 ans en 1973 et 1974.

Les deux enfants agressés sexuellement étaient frères et soeurs et vivaient à côté de la résidence de leur agresseur dans la région de Hatley.

L'individu dans la vingtaine a profité des absences fréquentes du père des enfants pour les amadouer, leur offrir des cadeaux et ultimement d'en abuser sexuellement.

Il a forcé trois relations sexuelles complètes avec l'adolescente et effectué des gestes de contacts sexuels, des fellations et même des sodomies avec le jeune garçon à plus d'une centaine de reprises.

Appelée à témoigner lors des observations sur la peine, la victime masculine du sexagénaire a expliqué que ces gestes lui sont restés en mémoire toute sa vie.

« Tu ne différencies plus ce qui est bien de ce qui est mal », a mentionné la victime maintenant dans la cinquantaine.

C'est après avoir reproduit certains gestes répréhensibles à caractère sexuel pour lesquels il a purgé 30 jours de prison que cette victime a aussi dénoncé son agresseur.

L'agresseur lors de son témoignage a déploré la lenteur du système judiciaire de l'accuser près de 40 ans après les gestes.

« Je me demande pourquoi il a attendu plus de 30 ans avant de dénoncer. Je pense qu'il veut se venger auprès de ma famille », a témoigné l'agresseur sexuel.

Me Claude Robitaille a souligné au tribunal que l'accusé ne semblait regretter aucunement les gestes commis.

« L'accusé continue de maintenir que les gestes ont été initiés par un enfant de sept ans. Le message que doit envoyer le tribunal demeure que peu importe quand les gestes sont arrivés, ils n'auraient jamais dû arriver. Il a pressé sur la gâchette et la balle a fait plusieurs victimes », plaide Me Robitaille.

« Il y a eu une évolution et un changement en 40 ans chez mon client. Il a plaidé coupable sans procès ni enquête préliminaire. Il ne s'explique pas pourquoi il a commis ces gestes et pourquoi il doit être sentencé 40 ans plus tard », a signalé de son côté Me Champagne de l'aide juridique.

Le juge Érick Vanchestein de la Cour du Québec analysera les arguments avant de déterminer s'il condamne l'individu de 69 ans à la peine suggérée par les deux avocats au dossier.

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