La justice est moins tolérante pour les cas d'alcool au volant

«Il est clair qu'un cas d'alcool au volant causant la mort vaut une peine de... (Archives, La Tribune)

Agrandir

Archives, La Tribune

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(SHERBROOKE) «Il est clair qu'un cas d'alcool au volant causant la mort vaut une peine de détention de pénitencier.»

Me Mia Manocchio... (Archives, La Tribune) - image 1.0

Agrandir

Me Mia Manocchio

Archives, La Tribune

La criminaliste Me Mia Manocchio explique que la société ne tolère plus les cas de capacités affaiblies par l'alcool causant la mort. Cette dernière évalue que les changements législatifs de 2008 en matière d'alcool au volant ont eu un impact important sur les peines à ce sujet.

«C'est maintenant un non catégorique de la société en ce qui a trait à l'alcool au volant. Le législateur, les juges et la Couronne ont serré la vis à ce sujet au cours des dernières années», remarque Me Manocchio.

En 2006, le juge Gabriel Lassonde de la Cour du Québec avait écarté une suggestion commune de peine de détention dans la collectivité pour une affaire de conduite dangereuse et refus de se soumettre à l'ivressomètre causant la mort à Lac-Mégantic. La peine de deux ans moins un jour dans la collectivité qui avait été proposée dans le dossier de Michel Bouchard à la suite de l'accident qui avait coûté à vie à Marc-Antoine Trottier avait été substitué par une peine de 36 mois de détention ferme.

«Les mentalités ont évolué au cours des années. La Couronne ne veut plus négocier lors de l'imposition de peine en matière d'alcool au volant causant la mort. Ils suivent des directives claires à ce sujet. De toute façon, une décision de la Cour d'appel fait en sorte qu'il n'est plus possible de donner une peine de détention dans la collectivité dans de tels cas», explique Me Manocchio.

Cette dernière rappelle que le crime de conduite avec les facultés affaiblies appartient malheureusement un peu à tout le monde.

«C'est le crime de Monsieur et Madame Tout-le-Monde qui prend la mauvaise décision de conduire après avoir consommé de l'alcool. Il n'y a pas d'âge, pas de sexe ou de classe sociale qui y est reliée. Je pratique en droit criminel depuis plus de 13 ans et les peines sont de plus en plus sévères. Les gens doivent comprendre qu'il n'y a pas de risque à prendre en matière de conduite avec les capacités affaiblies», indique Me Manocchio.

Elle rappelle que les moeurs des autorités ont évolué en matière d'alcool au volant au fil des ans.

«L'infraction de conduite avec les facultés affaiblies existe depuis longtemps, mais elle était beaucoup moins appliquée par le passé. La société est maintenant beaucoup moins tolérante et c'est pour le mieux. Certains ne comprennent pas et récidivent, deux, trois, quatre ou même quinze fois. Ça ne devrait pas se voir», estime Me Mia Manocchio.

«Il faut garder la pression»

Il y a maintenant plus de dix ans qu'un récidiviste de l'alcool au volant a causé la mort de Carinthe Boulanger sur le boulevard Saint-François à Sherbrooke en mars 2004.

Une peine exemplaire de sept ans de prison avait été imposée à Evans Bouchard pour conduite avec les facultés affaiblies causant la mort et de refus de se soumettre à l'alcootest après avoir causé la mort de la jeune étudiante en médecine.

Lors de cas de récidivistes de l'alcool au volant qui fauchent des vies comme il est survenu à Saguenay la semaine dernière, le père de Carinthe ne peut s'empêcher de repenser à ces tragiques événements.

«Chaque fois qu'il y a un autre cas semblable qui survient, je constate que certains conducteurs ne comprennent pas. Plus on en parle et moins ça semble changer», constate tristement Denis Boulanger.

La famille Boulanger s'est impliquée dans l'organisme MADD (Les mères contre l'alcool au volant) et avec la SAAQ (Société de l'assurance automobile du Québec) pour tenter de contrer le fléau de l'alcool au volant.

«Il faut garder la pression, mais le message ne semble pas passer pour certaines personnes. Ce fléau n'est pas facile à contrôler. Il n'y a pas de solution miracle sauf celle que les gens doivent se responsabiliser en ce qui a trait à l'alcool au volant. Tu ne peux pénaliser tout le monde pour quelques irresponsables», signale Denis Boulanger.

La famille Boulanger a continué à vivre en gardant un souvenir de Carinthe.

«C'est certain que notre peine va toujours rester. Chaque anniversaire de Carinthe ou la rencontre de ses amis nous fait penser à elle. Nous sympathisons beaucoup avec les gens qui doivent traverser une épreuve comme celle que nous avons vécue», souligne Denis Boulanger.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer