L'ancienne shérif Karine Prince a été acquittée

Karine Prince et son avocat, Me Michel Dussault.... (La Tribune, Yanick Poisson)

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Karine Prince et son avocat, Me Michel Dussault.

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Yanick Poisson
La Tribune

(VICTORIAVILLE) Après avoir pris la cause en délibéré pendant un peu plus de 36 heures, le juge Claude Provost a décidé d'acquitter Karine Prince de son accusation d'entrave à la justice, mettant un terme à une peu plus de trois années de procédures judiciaires.

Sa décision a été rendue jeudi matin au palais de justice de Victoriavile.

« C'est un grand soulagement pour elle et pour moi aussi, car j'estime qu'il n'y aurait jamais dû y avoir de procès. Dès le début, j'ai rencontré le procureur afin de comprendre. Le problème, c'est que dans notre système, dès qu'il y a une étincelle de preuve, on doit aller de l'avant », a lancé son avocat Me Michel Dussault.

Me Dussault, estime que Karine Prince a été victime d'acharnement en provenance du procureur général et envisage la possibilité de déposer des accusations en ce sens.

« Mme Prince avait un comportement irréprochable lorsque les policiers infiltrés ont tenté de la prendre au piège. Ils ont essayé de l'amener à adopter une conduite criminelle. Ça n'a pas fonctionné et on a tout de même porté des accusations. C'est de l'acharnement en ce qui me concerne », prétend le criminaliste sherbrookois.

À l'origine, les agents infiltrés avaient pour mission d'enquêter sur les agissements du conjoint de l'accusé, Carl Verville, un trafiquant de cannabis. Jugeant qu'il était incohérent qu'un criminel soit l'ami de coeur d'une employée de justice, ils ont décidé de vérifier à quel point elle était impliquée dans les activités illicites de son conjoint.

Rappelons que Mme Prince a déposé un grief afin de dénoncer son congédiement du palais de justice de Victoriaville quelques mois après le dépôt des accusations. Elle tentera de retrouver ses fonctions.

Si elle n'est pas reconnue comme criminelle, le juge a tout de même admis que l'accusé avait eu un comportement « imprudent et téméraire » et qu'elle avait fait preuve d'un important manque de jugement.

 

Un avertissement pour les fonctionnaires

Le procureur de la Couronne Me Louis-Charles Bal a mené le procès au meilleur de ses capacités avec la mince preuve qu'il détenait. Il a accepté sans broncher la décision du Tribunal. Il estime toutefois que cette affaire servira d'avertissement pour d'autres employés de l'état ayant des fréquentations peu recommandables.

« On peut bien comprendre le message envoyé aux gens qui ont des fonctions sensibles. Il est important de faire attention à ses fréquentations », affirme-t-il.

Si elle n'a pas commis de geste compromettant le bon déroulement de la justice, Karine Prince a effectivement choisi de se placer dans des situations difficiles en acceptant de fréquenter des gens réputés pour faire partie d'organisations criminelles.

« Par sa situation conjugale, elle s'est placée entre l'arbre et l'écorce, entre son conjoint et son emploi. Elle aurait dû dire un non catégorique aux offres qui lui étaient faites, la prudence lui commandait de s'abstenir », évoque le juge.

Rappelons que l'ancienne shérif a accepté de donner de l'information privilégiée à des policiers infiltrés personnifiant des trafiquants de drogue. Au moment de donner l'information, elle leur a menti.

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