L'ancienne shérif du palais de justice de Victo a menti pour se protéger

Karine Prince... (La Tribune, Yanick Poisson)

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Karine Prince

La Tribune, Yanick Poisson

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Yanick Poisson
La Tribune

(VICTORIAVILLE) L'ancienne shérif du palais de justice de Victoriaville, Karine Prince, a admis avoir dit à des policiers infiltrés qu'elle leur donnerait de l'information privilégiée. Elle voulait ainsi éviter d'être menacée ou qu'on s'en prenne à elle physiquement.

«C'est arrivé par le passé, dans l'affaire Gadbois, que l'on nous mette de la pression [à elle et son conjoint Carl Verville] pour que je donne de l'information en lien avec des mandats. Je ne voulais pas revivre ça. Alors en disant que je le ferais, mais que je ne pouvais tout voir, je me protégeais», a-t-elle admis lorsqu'appelée à la barre.

À deux reprises, Mme Prince a indiqué à des agents infiltrés - qui personnifiaient des trafiquants de drogue - qu'elle les informerait du dépôt de mandats en lien avec leurs installations, mais «qu'elle ne pouvait voir les télémandats, les urgences et les mandats émis les week-ends». «En disant ça, je voulais dire que je n'avais pas l'intention de les aider et qu'il ne pouvait pas m'en vouloir si je ne le faisais pas», précise-t-elle.

Un mandat a bel et bien été mis, le 9 février 2012, pour une propriété du Lac Ginette, à Maddington Falls. Bien qu'elle en ait pris connaissance, l'accusée a refusé de divulguer l'information lorsqu'un des agents infiltrés a tenté de lui soutirer de l'information.

Le procureur de la Couronne Me Louis-Charles Bal a eu du mal à avaler la version soutenue par Prince. Il ne comprend pas comment une employée de justice a pu ne pas faire appel à la Sûreté du Québec si elle se sentait menacée. Il lui a également reproché d'avoir été en compagnie des agents, même si elle les savait criminalisés.

«Elle est allée dîner avec une agente. Elle admet avoir peur pour sa sécurité et va se jeter dans la gueule du loup. Ça ne tient pas la route», suggère le criminaliste.

Un conjoint criminel

Si Karine Prince a des ennuis avec la justice, c'est à cause de son conjoint Carl Verville, un trafiquant de stupéfiants de longue date. Ce dernier a vendu de la marijuana au milieu des années 2000, puis avait affirmé avoir arrêté. Lorsque les agents infiltrés se sont pointés en 2012, elle a compris qu'il était toujours en activité.

«Ce soir-là, je me suis rendu compte qu'il était encore là-dedans, a témoigné la femme de 35 ans en sanglotant. C'est sûr que je lui ai pété une coche. Je lui ai expliqué les conséquences pour mon emploi, il semblait avoir compris.»

Verville a été condamné à une dizaine de mois d'emprisonnement dans la collectivité en mars 2014 pour ses actes. Le coût a été beaucoup plus important pour Karine Prince, qui est accusée d'abus de confiance et d'entrave à la justice, elle a perdu son emploi au palais de justice et travaille maintenant pour un bureau d'avocats.

Le juge Claude Provost rendra son verdict dans cette affaire, jeudi.

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