Poliquin souhaite la clémence du tribunal

Reconnu coupable d'avoir eu des relations sexuelles avec une élève alors qu'il... (Archives, La Tribune)

Agrandir

Archives, La Tribune

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Yanick Poisson
La Tribune

(VICTORIAVILLE) Reconnu coupable d'avoir eu des relations sexuelles avec une élève alors qu'il était enseignant à l'école Monique-Proulx de Warwick, Joël Poliquin a demandé, jeudi matin, à ce qu'on passe l'éponge sur cet événement. Il souhaite retrouver une vie normale.

Contre toute attente, l'avocat de l'accusé, Me Guy Boisvert, ne s'est pas contenté de demander à ce que son client purge sa peine dans la communauté, il a plaidé pour obtenir une absolution inconditionnelle ou un sursis de sentence. Si le juge Jacques Trudel se plie à cette demande, Poliquin pourrait retrouver le poste de directeur adjoint de la polyvalente La Samare qu'il a dû quitter lors de sa mise en accusation.

« Je crois qu'une absolution inconditionnelle est possible dans un cas comme celui-ci. Si le crime est objectivement grave, il est au plus bas de l'échelle subjectivement parlant. Mon client n'a pas d'antécédent, la victime ne garde pas de séquelle et elle était sur le point d'avoir 18 ans », plaide le criminaliste.

Me Boisvert évoque également que la perception de la société a grandement changé depuis que les gestes ont été posés - c'était en 1998. À son avis, sans être nécessairement bien vu, il était mieux accepté qu'un enseignant ait des relations sexuelles avec une élève.

« Autres temps, autres moeurs, il faut se reporter à il y a 14 ans. Après le dossier Nathalie Simard, les gens se sont conscientisés. Des choses qui avaient l'air banales à l'époque sont devenues importantes. Je me souviens d'avoir obtenu une absolution pour un client en semblable matière en 1992 », ajoute-t-il.

9 MOIS D'EMPRISONNEMENT

La procureure de la Couronne Me Ann Marie Prince a, pour sa part, demandé à ce qu'on enferme l'ancien enseignant pour une période de neuf mois. Elle estime que Poliquin était un enseignant expérimenté et qu'il était de son devoir de repousser les avances de son élève. Le fait que les événements aient duré pendant six mois et que des relations sexuelles complètes aient eu lieu tant à l'école que dans le cadre d'activités parascolaires constituent, selon elle, des facteurs aggravants.

« Ce n'est pas un privilège, mais un droit que nos enfants aient accès à des enseignants de qualité », clame-t-elle, ajoutant qu'elle désirait que la sentence soit assortie d'une probation de trois ans.

AFFECTÉ

C'est un Joël Poliquin amaigri et les traits tirés qui a tenu à se faire entendre devant le juge afin d'expliquer sa situation. Diagnostiqué d'une dépression majeure à la suite de son arrestation, il est suivi régulièrement par un psychiatre et est sous médication. En plus d'avoir perdu son emploi et les revenus qui y étaient associés, il a vu sa réputation être salie et a perdu plusieurs amis. Il a déménagé à Drummondville et suit une formation en plomberie-chauffage.

« Il ne me reste plus beaucoup de vie, mais ce que je contrôle, j'essaie d'en faire le mieux. J'accepte les démarches, je le fais afin de reconstruire ma vie. Je roulais à 200 km/h, maintenant je vais à 50 km/h et je suis sur le frein. Ça m'a beaucoup ralenti », affirme-t-il, admettant que cette situation était une erreur de parcours et qu'elle n'aurait jamais dû exister.

ypoisson@latribune.qc.ca

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer