Production de GHB : deux Sherbrookois subiront un procès

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Des photos de la roulotte de production située dans un cham du chemin Sawyerville à Cookshire-Eaton ont été déposées en preuve lors de l'enquête préliminaire.

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(SHERBROOKE) Deux individus de Sherbrooke viennent d'être cités à procès pour une affaire de production de GHB, mieux connue sous le nom de drogue du viol.

Philippe Gauthier et Sébastien Poulin devront répondre à des accusations de possession de GHB, de production de GHB, de production d'un précurseur, soit le GBL, et de possession de précurseur en vue de produire une substance désignée.

La juge Claire Desgens de la Cour du Québec a déterminé qu'il n'y avait pas assez de preuve pour citer les deux individus sur les chefs de complot pour production de stupéfiants et de possession dans le but d'en faire le trafic.

Les deux individus ont été arrêtés à la suite d'une perquisition qui s'était déroulée à leurs domiciles à Sherbrooke en juin 2012 ainsi que dans la roulotte de production située dans un champ du chemin Sawyerville à Cookshire-Eaton.

Des photos de la roulotte ainsi que des produits servant à produire le GHB ont été déposées en preuve lors de l'enquête préliminaire.

Les enquêteurs de l'Escouade régionale mixte Drogue ont utilisé plusieurs techniques pour accumuler la preuve contre les deux accusés.

Diplômé en chimie à l'Université de Sherbrooke, Philippe Gauthier est celui qui, selon la poursuite, commandait les produits chimiques et établissait la recette pour produire le GHB. Poulin était quant à lui l'exécutant qui effectuait vraisemblablement les mélanges dans la roulotte de production.

Lors de la perquisition du 7 juin 2012 à la roulotte, la production avait cessé. C'est une preuve circonstancielle qui a été présentée par le procureur aux poursuites criminelles Me Andy Drouin.

Une spécialiste en laboratoires clandestins, analyse des drogues, composition des drogues, fabrication des drogues et démantèlement de laboratoires de Santé Canada a estimé la production effectuée à Cookshire-Eaton. Les produits corrosifs, combustibles, inflammables et toxiques trouvés permettaient, selon ses estimations, de produire 750 à 2250 doses de GHB et la production aurait pu atteindre 17,2 kilos de GHB, soit entre 5200 et 15 600 doses. Selon l'acte d'accusation, les activités illégales se seraient déroulées entre mars et juin 2012.

Les avocats de la défense, Me Christian Raymond pour Gauthier et Me Mélissa Gilbert pour Poulin, ont fixé le retour du dossier au 12 août prochain.

Sébastien Poulin et Philippe Gauthier possèdent des antécédents judiciaires. Gauthier en possède en semblable matière dans la région de Québec.

Ce type d'installation concernant la production de GHB n'est pas sans inquiéter l'organisme Agression Estrie-CALACS qui y voit une autre preuve d'un problème toujours présent dans les bars de la région.

« Au cours des derniers mois, nous avons accompagné des femmes au CHUS pour la confection de trousses médico-légales après des épisodes où elles se sont retrouvées dans des endroits inconnus sans se souvenir de ce qui venait de se passer. Il est possible de déterminer si elles ont été victimes d'agression sexuelle, mais détecter la présence de GHB est extrêmement difficile. Il faut continuer à faire de la prévention en lien avec le GHB et croire les femmes qui affirment en avoir été victimes », soutient la porte-parole du CALACS, Stéphanie Tremblay.

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