Jacques Gendreau demande un acquittement à la Cour d'appel

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Accompagné de sa conjointe Louise Allain et de ses deux enfants Véronique et Alexandre, Jacques Gendreau tenait à être présent devant les trois juges du plus haut tribunal au Québec qui entendaient son appel, mardi, à Montréal.

La Tribune, René-Charles Quirion

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(MONTRÉAL) Jacques Gendreau estime que le jury qui l'a reconnu coupable d'avoir utilisé une arme à feu de manière négligente ou sans prendre suffisamment de précautions pour la sécurité d'autrui lors d'une expédition de chasse à l'orignal à East Hereford en octobre 2009 a rendu un verdict déraisonnable et demande à la Cour d'appel de l'acquitter.

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Vanessa Désorcy

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Les juges Marie-France Bich, Nicholas Kasirer et Guy Gagnon de la Cour d'appel du Québec ont pris la cause en délibéré et devraient rendre leur décision au cours des prochaines semaines.

Jacques Gendreau a fait feu en direction de Vanessa Désorcy dans une sapinière située en bordure de la route 253, croyant fermement tirer en direction d'un bébé orignal. La victime portait un manteau brun et avait omis d'enfiler un dossard de chasse orange. Après avoir identifié ce qu'il croyait être un veau, le chasseur a fait feu, atteignant et blessant gravement Vanessa Désorcy à l'abdomen.

«Jacques Gendreau a chassé toute sa vie. C'était son territoire. Il possédait sa carte de membre à cet endroit comparativement au trio dont faisait partie la victime qui ne portait pas de dossard, ce qui était une exigence légale. Si ce groupe avait eu leur dossard réglementaire, cet accident ne serait jamais arrivé. À la place, ils portaient des habits de camouflage (...) Jamais mon client n'a cru une fraction de seconde que ça pouvait être un être humain. Il a répété lors de son témoignage qu'à la lumière de tous les éléments qu'il possédait : c'était un orignal» a expliqué Me Jean-Philippe Marcoux.

Ce dernier a plaidé aux juges que Jacques Gendreau ne pouvait pas voir ce qui était destiné à ne pas être vu.

«Jacques Gendreau personnifie ce que la personne raisonnable placée dans les mêmes circonstances devait faire. Il avait pris toutes les mesures de sécurité et fait ce qu'il devait faire pour identifier la cible avant de tirer. L'erreur de fait raisonnable n'a pas été expliquée de façon adéquate au jury», estime Me Marcoux.

Il a soulevé d'autres points de droit pour lesquels une reprise de procès serait le remède approprié.

Me Daniel Royer pour le ministère public a mentionné aux trois juges de la Cour d'appel qu'à la lumière des faits, des normes de sécurité reconnues en matière de chasse et l'état du droit, le jury pouvait valablement trouver l'appelant coupable d'utilisation négligente d'arme à feu».

Il a plaidé que Jacques Gendreau n'avait pas respecté toutes les règles de sécurité, dont celle de bien identifier sa cible.

«Un chasseur raisonnable doit dire qu'il a vu un orignal. Jacques Gendreau n'a vu que des éléments qui pouvaient lui faire croire à la présence d'un orignal comme une masse brune, une silhouette et des pattes grises à travers des branches. Une personne raisonnable placée dans les mêmes circonstances n'aurait pas tiré», a plaidé Me Royer qui a demandé à la Cour d'appel de maintenir le verdict rendu par le jury au palais de justice de Sherbrooke le 18 janvier 2012.

«C'est ma vie qui se joue»

Impliqué dans un accident de chasse à East Hereford en octobre 2009 pour lequel il a été reconnu coupable au criminel, Jacques Gendreau demeure un homme lourdement affecté par ces événements.

Accompagné de sa conjointe et de ses deux enfants, Jacques Gendreau tenait à être présent devant les trois juges du plus haut tribunal au Québec qui entendaient son appel, hier, à Montréal.

Il a été reconnu coupable par un jury d'avoir utilisé une arme à feu de manière négligente ou sans prendre suffisamment de précautions pour la sécurité d'autrui lors d'une expédition de chasse à l'orignal à East Hereford le 17 octobre 2009.

«Si pour les avocats ça peut sembler être une journée normale de causes parmi tant d'autres, pour moi, c'est ma vie qui se joue. Je souhaite que justice soit rendue. Il y a beaucoup de choses qui n'ont pas été dites dans cette affaire. Il n'y a pas une journée qui passe sans que je pense à cet accident, parce que tout le monde l'a dit, c'est un accident. Un accident qui a changé ma vie tant sur le plan familial, social que monétaire», rappelle Jacques Gendreau plus de cinq ans et demi après les tristes événements.

Sa conjointe Louise Allain et ses deux enfants Véronique et Alexandre vivent à ses côtés ces moments difficiles sans vraiment connaître le moment où ils vont se terminer.

«Le deuil de cette affaire ne pourra jamais vraiment se faire. Dans ma tête, ça reste toujours un orignal que j'ai vu ce jour-là. Je ne comprends toujours pas ce que j'ai fait de mal. J'ai manipulé mon arme avec toutes les précautions», estime Jacques Gendreau.

Il estime que deux des principaux témoins dans cette affaire, ceux qui accompagnaient Vanessa Désorcy, ne sont pas venus tout dire ce qu'ils savaient au procès.

«Les deux gars qui accompagnaient la jeune femme sont venus me voir après les événements pour s'excuser. Ils m'ont dit qu'ils n'avaient pas d'affaire à se trouver à l'endroit où est survenu l'accident. Ils ne sont jamais venus le dire devant le jury. Ces trois jeunes n'avaient pas de dossards dans le bois. Ils ont commis des infractions ce jour-là. Plusieurs points restent en suspens», se demande encore Jacques Gendreau qui est suivi régulièrement par un psychologue à la suite de ces événements.

«Ça demeure un triste accident, mais notre vie a complètement changé pas juste depuis le procès, mais depuis l'événement», indique Louise Allain, la conjointe de Jacques Gendreau.

«Il n'y a plus rien de pareil. Le processus est extrêmement long. Mon père est un homme qui a toujours marché droit, qui n'a jamais eu un ticket de sa vie. Et voilà que cet accident survient alors qu'il s'apprête à prendre sa retraite. Ça nous affecte tous», constate Véronique Gendreau.

«Mon père vit dans ses pensées 24 heures par jour. Il pense constamment à ces événements. Jamais mon père n'a voulu commettre un acte criminel. Il n'avait aucune intention de faire mal à qui que ce soit», ajoute le fils de Jacques Gendreau, Alexandre.

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