Procès du policier Lebel: la crédibilité des témoins sera déterminante

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Éric Lebel

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(SHERBROOKE) C'est sur la crédibilité des témoins tant des employés cols bleus de la Ville de Sherbrooke que des agents du Service de police de Sherbrooke que sera déterminé le sort du sergent Éric Lebel. Le policier de 39 ans est accusé de conduite avec les facultés affaiblies et de délit de fuite en mars 2014 à l'intersection des rues Galt Ouest et Letendre après avoir heurté une niveleuse.

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Alexandre Tardif 

Imacom, Jessica Garneau

L'avocat de la défense Me Alexandre Tardif estime que les témoignages en poursuite ne sont pas crédibles.

«Il n'y a pas de preuve hors de tout doute raisonnable des infractions auxquelles fait face Éric Lebel. Ce dossier ne sera qu'une question de crédibilité. Il n'y a pas autre chose que des versions totalement contradictoires. Notre position demeure que certains témoins de la poursuite, pour des raisons qui leur sont personnelles, n'apprécient pas les policiers et ont voulu se venger à l'égard d'Éric Lebel puisqu'il était policier (...) Comme notre prétention est que l'on ne peut accorder de crédibilité aux témoins de la poursuite, il reste les constatations que monsieur marchait droit, qu'il avait un langage cohérent et il n'y avait aucun autre symptôme à part l'odeur d'alcool », explique Me Tardif.

Selon lui, Éric Lebel a livré une version très crédible des événements survenus dans la nuit du 14 mars 2014.

«Il motive les raisons qui expliquent ses actions de déplacer le véhicule lors de l'événement. Il est conditionné à agir d'une certaine façon et il songe à la sécurité des lieux après l'accident. Il admet sa consommation d'alcool et les tests avec l'ADA ont été faits devant les témoins qui étaient sur place», indique Me Tardif rappelant que les policiers appelés sur les lieux ont agi avec Éric Lebel comme avec n'importe quel autre citoyen, soit avec honnêteté et intégrité.

Le procureur aux poursuites criminelles Me Nicolas Rochon rappelle que tous les témoins civils, des employés cols bleus de la Ville de Sherbrooke, ont la même perception que Éric Lebel est «chambranlant» en constatant les dégâts sur son véhicule.

Me Rochon croit au contraire de Me Tardif que ce sont les policiers qui ont travaillé sur le dossier de leur confrère qui manquent de crédibilité.

«Minimalement, les policiers auraient dû s'interroger sur le fait que le véhicule avait été déplacé. Ils avaient aussi un devoir d'enquêter minimalement sur les capacités affaiblies. Ils ont eu l'information des dommages matériels, du délit de fuite et de l'état d'ébriété, mais ils en ont fait fi. Ils auraient pu au minimum procéder à l'interrogatoire des témoins (...) Les policiers se sont mis la tête dans le sable en évitant de faire enquête», avance le procureur aux poursuites criminelles.

Ce dernier rappelle que les employés cols bleus de la Ville de Sherbrooke rapportent tous que Éric Lebel était chambranlant et qu'il avait l'air magané après l'impact avec la niveleuse.

«Nous avons démontré hors de tout doute que l'accusé n'avait pas la capacité de conduire. Tous les témoins le disent. Sans même savoir qu'il était policier, le témoin Dion avait déjà signifié les symptômes d'ébriété lors de l'appel au 9-1-1», estime Me Rochon.

Le juge Serge Champoux de la Cour du Québec a pris la cause en délibéré. Il rendra sa décision le 23 juin prochain.

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