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Le plan funeste de Sonia Blanchette était minutieusement préparé

Le dépôt du certificat de décès de Sonia Blanchette au palais de justice de... (Archives La Tribune)

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Yanick Poisson
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(DRUMMONDVILLE) Le dépôt du certificat de décès de Sonia Blanchette au palais de justice de Drummondville permet la levée de l'interdit de publication et ainsi d'en apprendre un peu plus sur les événements qui ont mené aux décès de Laurélie, Loïc et Anaïs survenus le 2 décembre 2012 dans un appartement de la rue Turcotte à Drummondville. Veuillez noter que la lecture de certains passages pourrait être considérée comme troublante.

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Sonia Blanchette

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L'enquête menée par la Sûreté du Québec révèle que Sonia Blanchette avait minutieusement planifié l'assassinat de ses trois enfants.

Au cours des semaines qui ont précédé la journée du drame, elle ne s'est pas prévalue de son droit de visite supervisé qu'elle pouvait exercer une fois aux deux semaines. Insatisfaite de ce que lui avait autorisé la Cour, elle avait décidé que le père des enfants, Patrick Desautels n'aurait pas non plus le droit de les voir.

Comme le prévoyait le jugement du Tribunal, Sonia Blanchette s'est présentée en compagnie de sa mère Nicole Grenier à la Maison de la famille afin d'y cueillir ses enfants vers 8 h. Une fois à l'appartement, elles font diverses activités. Puis, vers 10 h 15, elle profite de l'ignorance de sa mère du concept de garde supervisée, ainsi que de sa bonté pour se retrouver seule avec ses trois victimes.

La prévenue signale d'abord le numéro de son oncle, puis, constatant qu'il n'y avait pas de réponse, elle compose celui d'une amie de sa mère qui reste à proximité. Elle envoie ainsi sa mère chez une amie, ce qui lui donnera plus de cinq heures afin d'accomplir son stratagème.

« Selon la grand-mère maternelle, la prévenue ne parle pas beaucoup puisqu'elle a de la peine de voir ses enfants seulement une fois aux 15 jours. Puisqu'elle est un peu agressive et voulant lui faire plaisir, elle acquiesce à sa demande », résume le juge de la Cour supérieure, Marc David, au moment de l'enquête préliminaire.

«Selon la grand-mère maternelle, la prévenue ne parle pas beaucoup puisqu'elle a de la peine de voir ses enfants seulement une fois aux 15 jours.»


Selon ce qui a été mis en preuve, personne n'a expliqué à Mme Grenier les règles et responsabilités entourant une supervision de contact. La décision de lui confier la supervision a été prise en l'absence de celle-ci.

Un bain fatidique

Afin de ne pas être dérangée au moment de mettre son plan à exécution, sachant très bien que sa mère avait la clé pour pénétrer dans l'appartement, Sonia Blanchette met la chaînette à la porte d'entrée et place une chaise afin d'encombrer la porte de derrière.

Elle fait ensuite couler un bain, fait inusité si l'on considère que les enfants n'avaient pas à faire de sport ou à aller au lit pendant leur visite. Elle déshabille d'abord Loïc pendant que les filles jouent dans une autre pièce, puis le submerge suffisamment longtemps pour qu'il se noie. Elle l'emmitoufle ensuite dans une serviette et le pose sur son lit.

Elle répète l'exercice avec Laurélie, sa plus vieille. Sans la sortir de la baignoire, elle récidive une dernière fois, avec Anaïs, 2 ans, trop jeune pour comprendre son macabre destin.

Tentative de suicide

Le 1er décembre en fin de soirée, Sonia Blanchette a fait l'achat d'une importante quantité de médicaments dans le but évident de s'enlever la vie. Le 2 décembre, après le crime, elle a consommé une quantité indéterminée de pilules, ainsi que des boissons énergisantes, ce qui a eu pour effet de lui faire perdre la carte et de nécessiter son hospitalisation.

Lors de leur enquête, les policiers ont découvert 226 pilules non consommées, ainsi que des contenants de boissons énergisantes vides.

Lorsqu'elle rentre, vers 16 h, Nicole Grenier se bute à la chaînette de la porte de devant, ce qui l'oblige à passer par derrière. Elle parvient tant bien que mal à pousser la chaise et elle croit d'abord que sa fille est endormie, puis découvre le corps inerte de Loïc sur le lit. Paniquée, elle se rend à la salle de bain où elle trouve les deux filles dans la baignoire. Elle retire le bouchon du bain et prend Anaïs dans ses bras, mais il est clairement trop tard.

Elle communique d'urgence avec le père, Patrick Desautels, qui est alors sur la route, afin de l'informer de la situation. Une fois sur les lieux, ce dernier constate avec stupeur le sort réservé à ses enfants et il communique avec les policiers. Les premiers agents ont noté la raideur cadavérique des deux premières victimes. Ils ont tenté, en vain, de réanimer la troisième.

Déterminée à mettre à exécution la dernière partie de son plan, la femme de 35 ans a refusé de s'alimenter pendant son séjour en prison et est décédée en janvier dernier à la suite d'une décompensation de plusieurs semaines.

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