Bertrand Charest: une ex-entraîneuse de ski ébranlée

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(MAGOG) Parce qu'elle a oeuvré dans le même univers que Bertrand Charest, Sylvie Desrosiers est replongée tête première dans son ancienne carrière quand une kyrielle d'accusations à caractère sexuel ont été déposées contre cet entraîneur de ski.

Ayant quitté le monde du ski pour celui de l'enseignement, Sylvie Desrosiers a fait partie du personnel d'entraîneurs de l'équipe canadienne de ski à la fin des années 1980 et au début de la décennie suivante. Elle a connu Bertrand Charest sans jamais avoir véritablement travaillé en sa compagnie.

«J'avais constaté que les filles étaient friendly avec lui à l'époque où nos chemins se croisaient à l'occasion, confie celle qui a aussi été entraîneuse au Club de ski du Mont-Orford. Ça me dérangeait, mais j'ignorais s'il y avait d'autres choses qui se passaient entre cet entraîneur et ses athlètes. On avait peut-être des doutes, mais il faut toujours être très prudent par rapport à ce genre de question.»

Compte tenu des observations qu'elle avait faites, Sylvie Desrosiers n'a pas été très surprise en apprenant le divorce abrupt entre Bertrand Charest et Canada Alpin en 1998. «Non, ça n'avait pas été une immense surprise», admet-elle.

En 1998 justement, des informations ont commencé à circuler concernant le genre de relation que Bertrand Charest entretenait avec certaines des athlètes de son équipe. Sylvie Desrosiers en avait eu vent, mais elle précise qu'il s'agissait d'informations partielles et non vérifiées.

«C'est facile, 20 ans après les faits, de dire qu'il se passait des choses entre cet entraîneur et les filles dont il s'occupait. À la fin des années 1990, c'était bien moins évident.»

Canada Alpin

Travaillant dans une école primaire à Magog, Sylvie Desrosiers a été particulièrement ébranlée quand elle a été informée, au cours des derniers jours, que Canada Alpin avait recommandé à la famille d'une skieuse de ne pas faire trop de vagues avec le dossier Charest.

«Ça me fait dresser le poil sur les bras de savoir que Canada Alpin avait invité des parents à ne pas porter plainte. Cet individu a potentiellement brisé des vies et fait dévier des destinées. Je suis déçue que Bertrand Charest s'en soit tiré avec seulement une perte d'emploi à l'époque», lance-t-elle.

À son avis, si un entraîneur est soupçonné d'avoir eu des relations sexuelles avec de jeunes athlètes sous sa protection, il importe d'adopter des «mesures crédibles» afin que cela ne se reproduise plus. «Ça prend ça pour nettoyer le milieu et refaire l'image d'une fédération sportive», affirme-t-elle.

Sylvie Desrosiers propose même de sensibiliser les athlètes à la question des relations sexuelles inappropriées ou forcées. «Les athlètes ont différentes formations aujourd'hui rendus à un certain calibre. Ça pourrait être une bonne idée de les éveiller à de tels enjeux et de leur mentionner, dès le départ, qu'ils seront bien accueillis s'ils dénoncent des actes répréhensibles.»

Un cas d'exception

L'ancienne entraîneuse de ski insiste toutefois sur un point : le cas Charest n'est pas représentatif. «Parmi les coachs que j'ai connus, 99 pour cent étaient des gens extraordinaires qui s'assuraient de bien supporter leurs athlètes pour leur permettre de performer», indique-t-elle.

N'empêche, à ses yeux, il est normal que les parents tentent de bien connaître les entraîneurs de leurs enfants, que ce soit en ski alpin, au hockey, au soccer ou autres. «Cette histoire nous prouve qu'on fait bien de s'informer», lance-t-elle.

Enfin, elle estime que ce type de situation serait susceptible de se produire au sein de plusieurs organisations sportives. «C'est vrai que les jeunes skieurs voyagent beaucoup et sont souvent avec leurs entraîneurs à l'extérieur. Ça crée un contexte particulier. Par contre, même si cette affaire entache précisément le ski alpin, je crois que n'importe quel sport est à risque.»

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