La prison pour avoir provoqué le décès de son ami

Michael Dufour... (La Tribune, Yanick Poisson)

Agrandir

Michael Dufour

La Tribune, Yanick Poisson

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Yanick Poisson
La Tribune

(VICTORIAVILLE) Le juge Bruno Langelier aura à définir pour combien de temps, mais il est déjà certain que Michael Dufour devra mettre les pieds derrière les barreaux pendant un moment pour avoir provoqué le décès de son ami Frédérick D'amours, le 1er juin 2013, sur la route de la Grande Ligne, à la sortie de Victoriaville.

L'accusé était au volant de l'automobile et la victime sur le siège. Deux autres amis se trouvaient dans le véhicule. Ils s'apprêtaient à effectuer un virage à gauche vers le rang Pariseau lorsqu'une deuxième voiture, conduite par Raphaël Valois, les a doublés de façon dangereuse.

Dans un accès de colère, les quatre amis ont décidé de filer le conducteur fautif. Circulant à vive allure, ils l'ont dépassé, ne manquant pas de lui crier des bêtises au passage. Arrivés devant, ils ont décéléré. Insulté, Valois a tenté une nouvelle manoeuvre de dépassement. Refusant de s'en laisser imposer, Dufour a appuyé à fond et les deux véhicules ont atteint des vitesses avoisinant les 160 km/h.

À un certain moment, Valois a donné un coup de roue afin d'effrayer son adversaire, une stratégie qui l'a envoyé dans le décor. Sans ceinture de sécurité, Frédérick D'amours a été éjecté de la voiture et est décédé. Les trois autres passagers, dont Dufour, ont été quittes pour de légères blessures.

« Il n'a pas à être dissuadé, il a tué son frère. Il a commis un geste qu'il va regretter toute sa vie. »

- L'avocat de la défense Me Guy Boisvert

Il y a un an, presque jour pour jour, Raphaël Valois a été condamné à deux ans d'emprisonnement pour son implication dans le drame et le procureur de la Couronne, Me Maxime Laroche, estime que par souci d'harmonisation des peines, il serait pertinent qu'on inflige à Dufour le même type de sentence.

L'avocat de la défense Me Guy Boisvert n'est toutefois pas de cet avis. Il estime que Valois est à l'origine des manoeuvres qui ont provoqué ce triste drame. Il jette également le blâme sur la victime qui a été la première à semer le conducteur d'appuyer sur l'accélérateur pour aller rejoindre Valois. Il a également causé sa perte en omettant d'attacher sa ceinture de sécurité.

Le criminaliste estime également que son client paie déjà la note, ayant perdu un ami avec qui il partage sa vie depuis sa tendre enfance. « Il n'a pas à être dissuadé, il a tué son frère. Il a commis un geste qu'il va regretter toute sa vie », affirme-t-il.

Le père de la victime, Jean Goulet, a tenu à intervenir en faveur de l'accusé, affirmant qu'il lui avait pardonné et qu'il était toujours son ami. Les deux hommes se sont d'ailleurs vus récemment.

« Ils étaient comme des enfants qui jouaient dans un carré de sable. Il y en a un qui a reçu du sable dans la figure. Je vais toujours être là pour toi Michael », a lancé M. Goulet devant le Tribunal. Un geste qui a été salué par le juge Langelier.

La défense demande à ce que Dufour soit condamné à 90 jours de prison de week-ends. Le magistrat a pris la cause en délibéré et devrait rendre sa décision le 1er mai.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer