Le policier Lebel a pu rester seul dans sa voiture

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Éric Lebel

IMACOM, Jessica Garneau

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<p>Chloé Cotnoir</p>
Chloé Cotnoir
La Tribune

(SHERBROOKE) Le policier Éric Lebel a pu rester seul dans sa voiture, le moteur en marche, alors qu'il se trouvait en détention pour fin d'enquête.

C'est ce qu'a révélé vendredi l'interrogatoire du sergent Éric Labrecque et de la policière Christine Corriveau à la deuxième journée du procès d'Éric Lebel, cet agent du Service de police de Sherbrooke accusé de délit de fuite et de conduite avec les facultés affaiblies.

Rappelons que celui-ci a frappé l'arrière d'une niveleuse en pleine nuit avec sa voiture, à l'angle des rues Galt Ouest et Letendre, le 14 mars 2014, avant de reprendre le volant et de quitter les lieux jusqu'à ce que quatre employés municipaux témoins de l'incident le rejoignent sur la rue Letendre.

Ce sont les constables Lemay et Corriveau qui sont arrivés les premiers sur les lieux de l'intervention, quelques minutes après avoir découvert que l'homme impliqué dans l'accident était un collègue. Le sergent Éric Labrecque s'est joint à eux quelques minutes plus tard après avoir été mis au courant de la situation par la constable Corriveau. C'est lui qui a administré l'alcootest à Lebel puisqu'il avait « les yeux rouges et une haleine d'alcool ».

Pourtant, malgré leurs soupçons, les trois policiers ont laissé le suspect seul dans sa voiture, pendant plusieurs minutes, le moteur en marche.

« C'est normal de laisser une personne qui se trouve en détention pour fin d'enquête, pour laquelle vous avez des soupçons qu'elle est en état d'ébriété, seule dans sa voiture, le moteur en marche, sans supervision d'un policier? », a questionné le procureur de la couronne Nicolas Rochon lors du contre-interrogatoire du sergent Labrecque, faisant valoir que l'accusé aurait pu prendre une gomme, du rince-bouche ou boire de l'alcool par exemple.

« Tant que la personne n'est pas en état d'arrestation, elle peut se trouver où elle veut. Mais finalement, ce n'était pas un cas de capacité affaibli, mais un accident matériel », a répliqué le sergent.

« Pourquoi avoir fait remorquer la voiture et avoir raccompagné l'accusé si ce n'était pas un cas de capacité affaibli? », a demandé Me Rochon.

« À cause des dommages sur la voiture », a répondu le sergent, en mentionnant un phare avant brisé, le capot « froissé » et des dommages au parechoc avant.

L'avocat a également demandé au sergent Labrecque pourquoi avait-il cru bon d'appeler le lieutenant Savard pour l'avertir de la situation, mais qu'il n'avait pas jugé nécessaire d'en parler au relationniste du SPS, Martin Carrier, le lendemain matin.

« Parce que c'était simplement un accident matériel finalement et qu'il n'est pas dans ma chaine de commandement », a-t-il dit.

Délit de fuite

Appelée à témoigner, la policière Corriveau a affirmé s'être entretenue trois ou quatre minutes avec les témoins de l'accident alors que son partenaire s'occupait de M. Lebel, encore dans sa voiture. Bien qu'elle était au courant que l'accusé avait repris le volant après l'accrochage, Mme Corriveau n'a pas tenté d'en savoir plus sur ce « délit de fuite » en questionnant les témoins de la scène.

« La configuration des véhicules à notre arrivée et le fait que M. Lebel s'est arrêté lorsque l'employé municipal le suivait ne m'a pas indiqué qu'il y avait eu délit de fuite », a-t-elle indiqué.

La policière n'a pas demandé aux témoins s'ils avaient remarqué des signes indiquant que l'accusé conduisait en état affaibli. Elle n'a pas non plus pris de déclaration.

Outre les agents Labrecque et Corriveau, la cour a également entendu les témoignages de l'enquêteur Pierre Frenette, du porte-parole du SPS Martin Carrier et des quatre employés municipaux.

Le procès se poursuivra les 8 et 9 avril au palais de justice de Sherbrooke alors que l'agent Lemay ainsi que l'accusé seront appelés à témoigner. En attendant la fin des procédures judiciaires, Éric Lebel est suspendu de ses fonctions et touche la moitié de son salaire.

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