Des «choses bizarres» lors de l'arrestation du policier Éric Lebel

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Alain Goupil
La Tribune

(SHERBROOKE) Des «choses bizarres» ont entouré l'arrestation du policier Éric Lebel dans la nuit du 14 mars 2014 après que celui-ci eut frappé l'arrière d'une niveleuse en pleine nuit avec sa voiture, à l'angle des rues Galt Ouest et Letendre.

C'est ce que sont venus raconter jeudi quatre employés de la Voirie à l'ouverture du procès du policier sherbrookois, accusé de délit de fuite et de conduite avec les facultés affaiblies.

Les quatre employés en question étaient affairés à ramasser la neige le long de la rue Galt Ouest, près de Letendre, lorsqu'ils ont vu le véhicule de l'accusé emboutir la niveleuse alors que celle-ci était immobilisée en bordure de la rue.Les quatre témoins ont raconté que le véhicule conduit par Éric Lebel avait heurté la niveleuse sans jamais s'arrêter. Ils ont aussi témoigné à l'effet qu'après la collision, l'accusé était sorti de son véhicule en «chancelant» pour observer les dommages et qu'il a ensuite repris le volant et quitté les lieux jusqu'à ce que l'un des employés ne le rejoigne quelques dizaine de mètres plus loin, rue Letendre.C'est toutefois à l'arrivée des policiers que les employés de la Ville ont dit avoir observé «des choses bizarres» entourant l'arrestation d'Éric Lebel.L'un d'eux, le chef d'équipe Christian Dion, a même déclaré avoir senti «un complot de la part des policiers pour camoufler l'affaire...» à partir du moment où ils ont su que l'auteur de l'accident était un de leurs collègues.Lorsque l'avocat de l'accusé, Me Alexandre Tardif, lui a demandé ce qu'il voulait dire par «complot», M. Dion a répondu:« Même si j'avais tout vu, ils ne m'ont jamais posé aucune question. Ils ne se sont jamais intéressés à ce que j'avais à dire ou à ce que j'avais vu. Ils n'ont pas pris ma déposition. Ils ne m'ont même pas invité à aller m'asseoir dans l'auto-patrouille...»Les trois autres témoins ont eux aussi indiqué avoir senti «un malaise» chez les «deux jeunes patrouilleurs» arrivés en premier sur les lieux. Selon eux, le jeune patrouilleur et sa collègue n'étaient «pas trop trop à l'aise» de devoir administrer l'ivressomètre à leur collègue.«Le jeune patrouilleur nous a dit: 'Je me serais bien passé de ça à soir'», a raconté le conducteur de la souffleuse, Mario Bernard.Quelques instants auparavant, sa collègue aurait lancé à son tour: «Il me reste 32 ans à faire, c'est pas moi qui va lui faire passer la balloune certain». C'est finalement le superviseur du Service de police de Sherbrooke (SPS) qui s'est amené sur les lieux afin d'administrer l'alcootest à l'accusé.Là encore, les employés de la Ville ont témoigné à l'effet que la procédure entourant l'alcootest avait été effectuée d'une drôle de façon.Tout comme ses collègues, Marc Jacques, le conducteur de la déneigeuse (Bobcat), s'est dit surpris de voir le superviseur déplacer le véhicule de l'accusé ainsi que par la façon dont l'ivressomètre a été administré.«J'ai déjà été arrêté deux fois dans ma vie pour une balloune et je peux vous dire que c'est pas comme ça que ça s'est passé», a relaté M. Jacques en affirmant que le policier Lebel avait pu «s'accoter» le dos sur son véhicule avant de souffler dans l'ivressomètre. «Je l'ai même vu souffler les joues par en-dedans», a-t-il ajouté.Selon les quatre employés de la Ville qui ont assisté à l'arrestation, les policiers leur ont demandé pendant l'opération de retourner dans leur véhicule, le temps de compléter l'arrestation.

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