Tentatives de meurtre sur des policiers montréalais: Forget est libre

Claude Forget... (Photo collaboration spéciale Éric Beaupré)

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Claude Forget

Photo collaboration spéciale Éric Beaupré

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Yanick Poisson
La Tribune

(DRUMMONDVILLE) Le ministère public n'est finalement pas allé de l'avant avec sa requête visant à imposer des conditions de libération à Claude Forget, cet homme condamné à 20 ans de prison pour des tentatives de meurtre sur deux policiers montréalais, en avril 1994. Incarcéré pour bris de condition en août dernier, Forget est maintenant libre comme l'air.

L'article 810.2 du Code criminel prévoit qu'un juge peut ordonner qu'un défendeur contracte un engagement assorti de conditions s'il y a des motifs raisonnables de craindre que des personnes soient victimes de «sévices graves». Or, les évaluations psychiatriques de deux spécialistes concluent que l'accusé, maintenant âgé de 58 ans, ne représente plus un danger pour la communauté.

«À la suite de l'obtention d'une évaluation psychiatrique préparée par la défense, nous avons demandé une contre-expertise d'un psychiatre indépendant. Les conclusions des rapports révèlent que l'accusé ne représente pas un important niveau de dangerosité. Notre rôle en tant que procureur est d'évaluer ces éléments-là en considérant le fardeau qu'on doit rencontrer devant le tribunal. Nous avons convenu que la preuve ne permettrait pas d'aller de l'avant», explique le porte-parole du Directeur des poursuites criminelles et pénales, Me Jean-Pascal Boucher.

Risque de récidive élevé

Rappelons que Claude Forget est l'un des rares détenus (4%) à avoir purgé l'entièreté de la peine infligée par le tribunal. À sa sortie de prison, en avril 2014, la Couronne a déposé une requête visant à lui imposer des conditions de libération, croyant le risque de récidive élevé. En août de la même année, Forget a omis de se présenter au poste de police chaque semaine, comme le prévoyaient ses conditions et il a été de nouveau emprisonné. Puisque la requête ne sera finalement pas entendue, les conditions tombent et le quinquagénaire a été libéré.

La procédure a eu lieu au palais de justice de Drummondville, dans le district où l'accusé a purgé sa peine de détention.

Dans la nuit du 22 mai 1993, Walter Filipas et sa coéquipière Lucy Krasowski étaient à la recherche de témoins pour un vol commis dans le secteur du square Dorchester lorsqu'ils ont croisé le chemin de Claude Forget. Ce dernier, qui se trouvait en liberté illégale, a saisi une arme dans son véhicule et a tiré à bout portant sur les deux policiers.

Le premier projectile a traversé la tête de Filipas pour ensuite atteindre sa coéquipière au visage. Forget a tiré à quatre autres reprises sur les policiers avant de fuir à vélo, les laissant pour morts. Chanceux d'êtres toujours en vie, les deux agents se retrouvent aujourd'hui avec de graves séquelles physiques et psychologiques.

Tout au long de son incarcération, l'accusé a démontré un profond désintérêt pour les programmes de réhabilitation qui lui étaient proposés. Pour cette raison, la Commission des libérations conditionnelles a choisi de ne pas le libérer d'office aux deux tiers de sa peine.

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