Moins de violence conjugale signalée à Sherbrooke qu'aileurs au Québec

C'est à Sherbrooke qu'il y a eu le moins de crimes de violence conjugale... (Archives La Tribune)

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(SHERBROOKE) C'est à Sherbrooke qu'il y a eu le moins de crimes de violence conjugale rapportés à la police en 2013 au Québec.

Selon les plus récentes données de Statistiques Canada, la région métropolitaine de recensement de Sherbrooke (RMR) se classe au milieu du peloton au Canada, mais loin derrière les principales villes québécoises que sont Gatineau, Saguenay, Québec, Montréal et Trois-Rivières qui sont en haut de la liste.

En 2013, le nombre de victimes de violence familiale déclaré à la police était de 347, pour un taux de violence familiale de 179, soit en bas de la moyenne canadienne de 252,9.

Le taux de violence familiale de toutes les autres RMR québécoises se situe au-dessus de cette moyenne, soit entre 276 à Trois-Rivières jusqu'à 327,9 à Gatineau.

Le criminologue du Service de police de Sherbrooke Tony Brien explique que ces données représentent une bonne nouvelle si tous les épisodes de violence conjugale sont déclarés à la police.

«Entre 2009 et 2013, nous remarquons effectivement une baisse des crimes de voies de fait à Sherbrooke de façon générale. Il y a deux grandes catégories de ce type de crime, soit les bagarres à la sortie des bars ou les voies de faits commis dans une dynamique de violence conjugale. Sherbrooke se trouve effectivement en bas de la moyenne des villes comparées», explique M. Brien.

Selon lui, il fait pousser l'analyse de ces données plus loin.

«Si le taux est bas dans une ville parce que les crimes de violence conjugale ne sont pas déclarés, il y a un problème. Ce rapport tient compte des crimes déclarés à la police. Il peut y avoir infraction criminelle sans qu'elle soit déclarée à la police. Pour avoir un portrait juste, il faut croiser les données officielles ainsi que celles des enquêtes sociales générales qui sont faites de façon anonyme. C'est par ce type d'enquête qui sonde la victimisation que nous réussissons à aller chercher un portrait plus juste», mentionne Tony Brien.

«Si le taux est bas dans une ville parce que les crimes de violence conjugale ne sont pas déclarés, il y a un problème.»

Tony Brien, criminologue du Service de police de Sherbrooke

Le criminologue rappelle que la même méthodologie est appliquée à tous les corps de police.

«Lorsque les données des crimes déclarés à la police sont croisées avec celles des enquêtes sociales générales, ce sont trois crimes de violence sur dix qui sont déclarés, dont 22 pour cent lorsque l'on parle de violence conjugale. Il demeure malheureusement que plusieurs crimes de violence conjugale ne sont pas rapportés, soit environ un sur cinq», analyse Tony Brien.

Il rappelle que les campagnes de sensibilisation ou la médiatisation d'une affaire de violence conjugale avec condamnation criminelle sur un territoire peuvent avoir un impact sur les dénonciations aux corps policiers.

«Ça peut être un élément déclencheur pour les victimes de déclarer une situation aux corps policiers. Au-delà des données statistiques, il faut rappeler que personne ne doit tolérer la violence conjugale ou familiale», indique le criminologue Tony Brien du SPS.

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