«Nous sommes venus à quatre, là je suis seul»

Le directeur du Regroupement interculturel de Drummondville, Darryl... (Photo collaboration spéciale Éric Beaupré)

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Le directeur du Regroupement interculturel de Drummondville, Darryl Barnabo

Photo collaboration spéciale Éric Beaupré

Yanick Poisson
La Tribune

(DRUMMONDVILLE) C'est le coeur gros que Jean-Claude Okenge a assisté, impuissant, au décès de sa conjointe Berthe, la troisième victime de l'incendie qui a également coûté la vie de ses fils, Flavien, 7 ans et Julien, 4 ans, vendredi en fin de journée, sur la rue des Écoles à Drummondville.

Le personnel de l'Hôtel-Dieu de Lévis a tout fait en son pouvoir au cours du week-end afin de sauver la mère aux prises avec une grave détresse respiratoire, ils n'y sont malheureusement pas parvenus. Le Congolais d'origine espère maintenant que les médecins seront en mesure de soustraire la petite Mione du danger. 

Le dernier membre de la famille de M. Okenge, un bébé naissant, lutte toujours pour sa survie après avoir inhalé une quantité importante de fumée toxique.

Le directeur du Regroupement interculturel de Drummondville (RID), Darryl Barnabo, connaissait bien la famille Okenge. Il est d'ailleurs en communication constante avec le père depuis les tristes événements. En ce qui le concerne, ce drame n'est pas uniquement familial, c'est toute la communauté congolaise qui est affligée.

«C'est sans précédent. Ces gens se réfugient ici afin de protéger leur famille et ils sont victimes d'un drame comme celui-là. Notre communauté reçoit ça comme un gros deuil. Nous avons beaucoup de douleur», affirme-t-il.

M. Barnabo a vécu des moments difficiles lorsqu'il a accompagné le père à l'hôpital pour voir les enfants une dernière fois.

«J'étais là quand il a serré le corps de ses enfants en leur disant: réveille-toi, on s'en va à la maison, réveille-toi. Quand je suis rentré à la maison, je n'ai pas regardé mes enfants de la même manière, ajoute le directeur. Lorsqu'il a su que sa femme était morte aussi, il m'a dit: nous sommes venus à quatre, là je suis seul. Je ne sais pas ce qui va advenir de lui».

Une campagne de financement

Le Regroupement est à l'origine d'une campagne de financement visant à amasser les sommes nécessaires à l'organisation des funérailles des membres de la famille Okenge. Comme c'est le cas pour plusieurs ménages, ils ne possédaient pas d'assurance vie afin de couvrir cette dépense pour le moins imprévue.

«Nous entrons en communication avec des maisons funéraires afin d'évaluer les coûts, afin de savoir à quoi on fait face. On veut que les gens se mobilisent afin de donner un coup de pouce au père qui vit déjà des moments difficiles», explique M. Barnabo.

Les gens qui désirent faire leur part sont donc invités à faire un don en argent directement au RID

Rappelons que le père était au travail chez Cascades lorsque l'incendie s'est déclaré dans le petit appartement de la rue des Écoles. Informé de la situation, il est revenu rapidement à son domicile où il n'a pu que constater les dégâts. Il a été victime d'un sévère choc nerveux qui a nécessité une hospitalisation. Les policiers devraient l'interroger dès que son état le permettra. 

Des enquêteurs et techniciens en scène d'incendie de la SQ poursuivent leur travail pour faire la lumière sur le tragique incendie. Les résultats ne devraient pas être connus avant quelques jours, mais déjà, l'hypothèse d'un incendie d'origine accidentelle semble probable. On s'explique encore mal pourquoi la mère et ses enfants n'ont pu évacuer à temps.

Les dégâts causés à l'immeuble sont minimes.

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