Incendie mortel à Drummondville: pas d'élément criminel

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Plusieurs personnes sont venues porter des peluches devant l'immeuble où deux garçons ont perdu la vie vendredi soir.

Collaboration spéciale, Éric Beaupré

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Yanick Poisson
La Tribune

(Drummondville) Après avoir ratissé au peigne fin l'appartement du 534-A rue des Écoles, à Drummondville, les spécialistes de la Sûreté du Québec en sont venus à la conclusion que l'incendie qui a coûté la vie à deux garçons, Julien Okenge, 4 ans,et son frère, Flavien, 7 ans, vendredi soir, serait de nature accidentelle.

« Il y a des expertises qui ont été faites et il reste plusieurs choses à corroborer, mais selon toute vraisemblance, il semble qu'on ne s'oriente pas vers un événement de nature criminelle », affirme le porte-parole de la SQ Claude Denis.Les enquêteurs donneront plus d'information en lien avec les causes exactes du brasier et surtout sur ce qui a empêché la mère et ses trois enfants d'évacuer à temps leur appartement envahi par une épaisse fumée noire, une fois que l'enquête sera close. Cet exercice pourrait prendre plusieurs jours.

Micheline Rajotte et Guy Genest ont assisté à toute la scène de leur appartement situé tout près de celui du drame. En ce qui les concerne, l'hypothèse la plus plausible est celle voulant que la mère de famille et ses enfants aient fait une sieste en fin d'après-midi. Ils auraient été endormis lorsque le fauteuil a pris feu, laissant s'échapper une fumée noire hautement toxique.

« Ça doit avoir commencé en fin d'après-midi, croit Mme Rajotte. Les lumières étaient éteintes et elles ne se sont jamais allumées. Ce sont les voisins d'en bas qui ont alerté les secours lorsqu'ils ont aperçu la fumée qui venait pourtant d'au-dessus ».

Les voisins se sont dits impressionnés de la rapidité d'intervention des pompiers du Service de sécurité incendie de Drummondville. Dès qu'ils ont aperçu la présence de corps à l'intérieur, ils ont réagi avec vivacité.

« Il était à préparer l'extinction lorsqu'il a tout lâché et s'est précipité à l'intérieur. Il est ressorti avec quelques choses dans les mains, on aurait dit du linge, mais c'était le corps d'un enfant. Il est retourné en dedans et est ressorti aussi tôt. Il a fait ça tellement vite », louange la dame.

Au moment d'écrire ces lignes, Berthe, la mère de famille de 36 ans, et Mione, le bébé d'environ une semaine étaient toujours soignés à l'Hôtel-Dieu de Lévis. Ils se trouvaient toujours dans un état critique. Absent au moment de l'incident, le père, Jean-Claude Okenge, a rendu visite aux survivants au cours de la journée de samedi.

Pas la première fois

Sans présumer de rien, Marie-Jeanne Fréchette prétend que ce n'est pas la première fois que la famille Okenge est au prise avec un incendie. Il y a environ un an, jour pour jour, alors qu'elle résidait dans un des appartements situés au rez-de-chaussée, les pompiers étaient intervenus pour un feu de cuisson.

« On avait dû évacuer, se rappelle-t-elle. Ils n'avaient pas été très vigilants, ils avaient laissé un chaudron sur la cuisinière et ils étaient partis. J'espère que ce n'est pas encore dû à une distraction ».

Selon elle, le fait que la famille soit fraîchement arrivée du Congo et qu'elle ne soit pas nécessairement familière avec le mode de vie hivernal peut avoir joué un rôle dans le drame.

Un élan de sympathie

Plusieurs personnes sont venues déposer peluches, fleurs et lettres devant l'immeuble de la rue des Écoles afin de témoigner de leur sympathie pour les jeunes disparus. Mme Fréchette a tenu absolument à déposer une missive afin de donner un peu de courage aux survivants de la tragédie.

« Ils étaient vraiment très beaux à voir. Le père était toujours de bonne humeur et plein de vie. Je revois les deux garçons jouer dans la rue. Ils étaient espiègles et coquins, ils avaient les yeux qui brillaient. J'espère que le père sera en mesure de garder le moral malgré ce qui est arrivé », dit l'ancienne voisine.

Elle-même mère de famille, Mme Fréchette a eu une petite pensée pour son enfant de huit ans. Il avait presque le même âge que l'un des défunts. Ils jouaient souvent ensemble.

« Je suis à la fois très triste et je dis merci à la vie pour moi et mon fils. C'est dans ces moments qu'on s'aperçoit que la vie est tellement fragile », termine-t-elle.

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