Incendie mortel à Drummond : plusieurs questions sans réponse

Des enquêteurs du Service d'indentité judiciaire de la... (Collaboration spéciale, Éric Beaupré)

Agrandir

Des enquêteurs du Service d'indentité judiciaire de la SQ ont été dépêchés sur les lieux samedi matin.

Collaboration spéciale, Éric Beaupré

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Yanick Poisson
La Tribune

(Drummondville) Une dizaine d'enquêteurs, de patrouilleurs et de techniciens en scène d'incendie travaillaient d'arrache-pied samedi matin afin de faire la lumière sur les causes de l'incendie qui a coûté la vie à deux garçons de 4et 7 ans en plus de mettre en péril celle d'une mère et d'un bébé d'à peine quelques jours. Le drame est survenu vendredi vers 18h20 au 534-A rue des Écoles, au centre-ville de Drummondville.

Jocelyn Hamel a été témoin de la scène.... (Collaboration spéciale, Éric Beaupré) - image 1.0

Agrandir

Jocelyn Hamel a été témoin de la scène.

Collaboration spéciale, Éric Beaupré

Si tout indique que le brasier a pris naissance dans un fauteuil que les pompiers ont eu tôt fait d'évacuer de l'appartement, on en sait toujours bien peu sur la cause exacte. Certains avancent qu'il pourrait s'agir d'un article de fumeur, alors que d'autres prétendent que la pièce de mobilier était située trop près d'un radiateur.

Quoi qu'il en soit, on s'explique encore mal pourquoi la mère et ses trois enfants n'ont pas eu le temps nécessaire pour quitter les lieux au moment où l'incendie s'est déclaré. À cette heure, il aurait été surprenant que tous dorment profondément.

« Ce que je trouve bizarre, c'est qu'il était 18h30. Si tout le monde dort, c'est possible qu'une telle chose se produise, mais à cette heure... Je trouve qu'il y a anguille sous roche. Je trouve ça spécial », affirme Jocelyn Hamel, un voisin qui a été témoin de la scène.

M. Hamel se trouvait chez lui lorsqu'il a entendu, puis vu le premier camion de pompier s'amener sur les lieux. Par sa fenêtre, il a aperçu l'un des sapeurs entrer dans le bâtiment avec un extincteur, en ressortir, puis sortir un boyau.

« C'est à ce moment que j'ai compris que c'était sérieux, raconte M. Hamel. Je suis sorti pour voir ce qui se passait. Il y avait de la boucane, mais je ne voyais pas de flamme. On aurait dit qu'il n'y avait pas d'incendie. »

Quelques instants plus tard, il a entendu un autre pompier, qui venait de pénétrer dans le logement, crier qu'il y avait deux victimes. Après les avoir évacuées par une échelle de secours, il a crié qu'il y en avait finalement quatre. Toutes les victimes présentaient de sérieux problèmes respiratoires. Les services d'urgence ont multiplié les manoeuvres de réanimation.

« Ils ont fait de la réanimation pendant au moins dix minutes sans arrêt. Ils ont ensuite placé les victimes sur des civières et continué. Ils pompaient et pompaient. Ma conjointe est devenue très émotive », ajoute le voisin.

Le père sous le choc

Absent au moment du drame, le père des jeunes victimes est arrivé sur la scène environ 45 minutes après les services d'urgence. Lorsqu'il a été avisé de l'ampleur des événements, il a été victime d'un violent choc nerveux. Il a été transporté à l'hôpital Sainte-Croix afin d'y être soignée. Les policiers attendent que son état de santé s'améliore avant de l'interroger.

Selon des témoins, le père venait tout juste de commencer un nouvel emploi qui impliquait un horaire de soir, c'est ce qui explique son absence. Ces témoins l'ont décrit comme un homme jovial et souriant. En fait, la famille a été décrite comme unie et sans histoire.

Un détecteur de fumée hors d'usage?

Rencontré sur les lieux de l'incendie, le propriétaire de l'immeuble à logements, Claude Contant, a affirmé avoir bel et bien fourni un détecteur de fumée pour l'appartement en question. Il n'a toutefois pas vérifié récemment s'il était en fonction. Il ne peut garantir qu'il a fonctionné adéquatement lors de la soirée de vendredi.

M. Contant a également décrit la famille comme tout à fait « normale ». Ses membres étaient établis à cet endroit depuis environ deux ans et étaient de très bons locataires. Ils avaient immigré d'Afrique au cours des dernières années.

C'est le coroner Martin Sanfaçon qui a été mandaté pour enquêter sur les décès des deux enfants. Il affirme, à première vue que les jeunes victimes ont été en proie à une détresse respiratoire sévère provoquée par la fumée. On devrait procéder aux autopsies au cours des prochains jours.

Puisque l'événement est sous enquête, les sources officielles devraient demeurer avares de commentaires jusqu'à ce qu'on écarte toute hypothèse de nature criminelle.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer