La jambe broyée pour avoir voulu raisonner un chauffard

Jean-Sébastien Leroux n'a pas voulu être identifié sur la photo,... (Photo collaboration spéciale Éric Beaupré)

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Jean-Sébastien Leroux n'a pas voulu être identifié sur la photo, craignant des représailles de son agresseur.

Photo collaboration spéciale Éric Beaupré

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Yanick Poisson
La Tribune

(DRUMMONDVILLE) Jean-Sébastien Leroux y pensera deux fois plutôt qu'une la prochaine fois qu'il sera appelé à remplir son rôle de justicier. Quelques instants après avoir tenté de faire ralentir un chauffard qui roulait à plus de 80 km/h en plein centre-ville de Drummondville, il s'est retrouvé sous les roues du véhicule.

La scène a eu lieu dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier. Après avoir assisté au spectacle Drummondville sur son 31, lançant les festivités du 200e anniversaire de la municipalité, il est allé prendre un verre avec des amis. Alors qu'il attendait patiemment le service de raccompagnement qui devait le ramener chez lui, il a aperçu une voiture circulant à vive allure. N'écoutant que sa conscience, il a décidé de l'intercepter.

« Je lui ai dit très poliment que ça n'avait pas de sens de rouler à cette vitesse alors qu'il y avait encore beaucoup de piétons au centre-ville. Je lui ai demandé s'il attendait de tuer quelqu'un », se souvient-il.

Insulté, le chauffard l'a carrément envoyé paître et les deux hommes se sont échangé quelques politesses avant que Leroux frappe la voiture avec son pied. L'automobiliste est parti, pour revenir quelques instants plus tard avec des intentions encore moins vertueuses.

« J'ai entendu des pneus crisser derrière moi. Il s'est mis à me poursuivre à pleine vitesse. Je lui ai crié d'arrêter, qu'il allait me tuer. J'ai bifurqué à droite, puis à gauche et il m'a finalement rejoint. Il m'a écrasé une jambe », continue le jeune homme de 27 ans.

Broyée

Jean-Sébastien Leroux a immédiatement été transporté à l'hôpital afin de soigner de graves blessures. Il a eu le tibia broyé et le péroné fracturé par le poids de la voiture. On a dû l'opérer le lendemain, une intervention qui a duré trois heures et laissé des séquelles.

«Le médecin a été honnête avec moi, il m'a avisé que ma réhabilitation dépendra de mes efforts.»


Le jeune homme, qui venait tout juste d'obtenir une promotion l'envoyant à Montréal, a dû mettre ses projets professionnels sur la glace. Il sera confiné à un fauteuil roulant pendant quelques mois avant d'amorcer un processus de réhabilitation, qui pourrait prendre une année. Il se retrouve avec une tige de métal à la place du tibia et des vis pour tenir le tout en place.

« Le médecin a été honnête avec moi, il m'a avisé que ma réhabilitation dépendra de mes efforts. Chose certaine, ça prendra un bout de temps avant que je puisse toucher ma prochaine paie. Ce n'est pas facile pour le moral », dit-il, la larme à l'oeil.

Le suspect court toujours

Étant donné la sensibilité de l'événement, la victime n'a pas été en mesure de dresser un portrait précis de son assaillant, se limitant à affirmer qu'il conduisait une voiture grise. La Sûreté du Québec a ouvert une enquête et recueilli certaines informations, mais n'a pas encore été en mesure d'identifier et de mettre la main au collet de l'agresseur.

Jean-Sébastien Leroux souhaite évidemment qu'on l'appréhende rapidement afin que justice soit faite et qu'on protège la population contre une éventuelle récidive.

« Je suis intervenu afin qu'il ne fasse pas de victime et c'est finalement moi qui en paie le prix. C'est difficile à accepter, mais, ça aurait pu être pire », philosophe-t-il, faisait allusion à la mort.

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