La prison pour Sébastien Girard?

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Sébastien Girard

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Yanick Poisson
La Tribune

(VICTORIAVILLE) La vie de Sébastien Girard s'effondre morceau par morceau depuis qu'il a été arrêté, le 10 mars 2010 et formellement accusé de crimes à caractères sexuels sur une de ses anciennes élèves. Après avoir été reconnu coupable par la juge de la Cour du Québec Guylaine Tremblay, voilà que la Couronne demande à ce qu'on l'emprisonne pour 18 mois.

Le père de trois enfants a perdu son emploi et a fait une croix sur une possible carrière en musique au cours des quatre années qu'auront duré les procédures judiciaires, période pendant laquelle il a été malmené à plusieurs reprises.

Si l'on en croit sa version des faits, l'ex-enseignant en musique à la polyvalente le Boisé ne se doutait pas une seconde de ce qui lui pendait au bout du nez. Entre 2001 et 2004, au moment des faits reprochés, Girard était encore étudiant à l'Université Laval, ses mandats se limitaient à des remplacements. En aucun temps, il n'a cru que sa relation avec l'élève de 14 ans pouvait être illégale et il a toujours cru que l'idylle de deux ans et demi était consensuelle.

« J'offre toutes mes excuses à la victime et à ses proches. Je regrette de ne pas avoir su déceler la détresse dans son comportement lorsque nous nous sommes fréquentés. Rien ne me laissait croire qu'elle puisse en souffrir et j'espère que les démarches judiciaires ont su apaiser sa peine, a-t-il dit. Personne n'a pris le temps de m'expliquer ce qu'était une position d'autorité et ce que ça comportait comme responsabilité. »

Au cours des semaines qui ont suivi son arrestation, l'accusé s'est terré dans son domicile de peur d'être reconnu dans la rue et d'être victimes de railleries. La couverture médiatique associée à chacune de ses comparutions a eu de quoi affecter sa famille, sa femme et ses enfants, qui commencent à comprendre l'ampleur de la situation.

Extrêmement bien préparée pour les représentations sur la peine, la victime (qu'on ne peut identifier vu son âge au moment des faits) a sangloté sans arrêt pendant la demi-heure qu'aura duré son témoignage. Elle a raconté les faits, de la façon dont elle les a vécus, affirmant être encore fortement affectée, 13 ans plus tard.

« J'ai suivi 82 séances chez le psychologue, 82 heures pour m'aider à redonner un sens à ma vie. J'ai pris ces souvenirs et je les ai mis très loin dans ma tête en espérant les oublier. Je me suis fait de nouveaux amis, une nouvelle vie, mais ça ne fut pas suffisant pour oublier », a-t-elle raconté.

Basant son argumentaire sur la peine infligée à Tania Pontbriand pour des gestes similaires posés entre 2002 et 2004 à Rosemère, la procureure de la Couronne Me Ann Marie Prince a suggéré que l'on condamne Girard à 18 mois de prison ferme, le tout assorti de deux années de probation.

Après quelques heures d'explications nébuleuses, l'avocat de la défense Me Ronald Robichaud a, pour sa part, demandé à ce que son client purge une peine de 15 mois dans la collectivité. La juge Tremblay devrait rendre son verdict le 29 janvier.

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