La porno juvénile en plein essor

Le système de justice ne lésine pas avec la pornographie juvénile ou le leurre... (Imacom, René Marquis)

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(SHERBROOKE) Le système de justice ne lésine pas avec la pornographie juvénile ou le leurre d'enfant en prévoyant des peines minimales de prison au Code criminel.

«Le gouvernement Harper a rendu plus sévères les peines minimales en matière de pornographie juvénile. Je crois qu'il faut effectivement passer un message clair pour ce type de crime. Cependant, je ne serai jamais en accord avec des peines minimales qui ont pour fonction de museler les juges. Les juges n'ont pas besoin d'un barème de peine minimale pour imposer la peine adéquate à un individu. Il faut cependant retenir que les peines pour ce type de crime vont en augmentant», constate la criminaliste Me Mia Manocchio.

Cette dernière remarque que les dossiers relatifs à la pornographie juvénile se multiplient.

«Les corps de police ont effectivement plus de moyens. Cependant, certains accusés ne semblent pas prendre au sérieux ce type de crime. Ils semblent croire qu'ils ne se feront pas retracer s'ils consultent un site de pornographie juvénile en pleine nuit en Asie. C'est un crime qui est très grave parce que pour produire ce type de matériel, il y a de vraies victimes même si elles se trouvent à l'autre bout du monde», rappelle Me Manocchio.

Mandat

Depuis juin dernier, les enquêteurs doivent obtenir un mandat avant de demander aux fournisseurs internet de faire les liens entre une adresse IP, la signature d'un ordinateur et d'un individu.

«Avant de mettre les mains dans le clavier d'un suspect et de procéder à une arrestation, nous effectuons de multiples vérifications. Des perquisitions à l'étranger permettent de relier certaines personnes d'ici qui se sont connectées pour avoir accès à ce contenu illégal. Toutes les vérifications sont faites pour s'assurer que l'ordinateur du suspect n'a pas été piraté et que c'est bel et bien lui qui se trouve derrière l'ordinateur», mentionne le lieutenant Jean Lafrenière de la SQ qui dirige l'Équipe d'enquêtes sur l'exploitation sexuelle des enfants sur internet.

«Avant qu'un procureur aux poursuites criminelles porte des accusations, il est blindé quant à l'identité du suspect. Plusieurs vérifications sont faites pour s'assurer que les accusations sont portées contre la bonne personne et que c'était elle qui se trouvait derrière l'écran», constate Me Mia Manocchio.

Le lieutenant Lafrenière rappelle que la consommation de pornographie juvénile s'inscrit habituellement dans une séquence qui peut mener jusqu'au leurre d'enfant ou l'agression sexuelle.

«Une personne ne peut tomber par hasard sur des sites de pornographie juvénile, il doit les chercher. Nos spécialistes sont capables de remonter dans l'historique pour découvrir des recherches qui y sont directement reliées. Souvent, nous entendons cette justification de la part de suspects, mais leur discours passe du hasard, à la curiosité puis aux aveux de leur consommation de ce matériel illégal», constate le lieutenant Lafrenière.

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