Procès Richard: un récit plein d'invraisemblances, dit la Couronne

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C'est au volant de cette mini-fourgonnette que Guy Richard a donné la mort à Pierrick Houle.

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Yanick Poisson
La Tribune

(DRUMMONDVILLE) La procureure de la Couronne Me Vicky Smith n'a pas cru un seul instant la version de Guy Richard voulant qu'il n'ait pas compris tout de suite qu'il venait de happer un joggeur, alors qu'il circulait sur la route 259 à Sainte-Perpétue, le 21 décembre 2012.

La représentante du ministère public a taxé l'accusé de faire de l'aveuglement volontaire et d'avoir adopté une vision tunnel afin d'échapper aux chefs qui pèsent contre lui. Elle a relevé plusieurs incohérences au cours de son témoignage et elle espère que le juge Érick Vanchestein en tiendra compte au moment de rendre son verdict.

«Il est impossible qu'il n'ait pas réalisé qu'il venait de frapper quelqu'un. L'histoire de la neige ne tient pas la route. Il aurait fallu que le pare-brise de sa minifourgonnette soit frappé par un amas de neige de 180 livres et, encore là, il n'est pas certain qu'il y ait eu autant de dommages. Et de la neige, il n'y en avait pas», a plaidé Me Smith en clôture de procès.

L'avocate a reproché à Richard de ne pas s'être arrêté immédiatement, de ne pas avoir regardé dans son rétroviseur et d'avoir reculé sur 130 mètres afin de chercher un coupable, s'éloignant ainsi grandement du point d'impact. Il n'a pas non plus communiqué avec les policiers ni allumé son plafonnier afin de vérifier s'il y avait des débris dans le véhicule. Il n'est finalement pas sorti de la Dodge Caravan afin de constater les dégâts ou de rechercher la cause de l'impact.

Selon elle, l'accusé a tout fait pour rencontrer des témoins et pour les éloigner le plus possible de la cause de son accident.

«Il amène les gens qu'il rencontre près de la scène à s'interroger sur la possibilité que l'impact ait été causé par de la neige. Il les amène à regarder vers les toitures et les fils électriques plutôt qu'au sol», ajoute-t-elle.

La criminaliste considère également comme suspectes les allées et venues de l'accusé après qu'il ait heurté Pierrik Houle. Plutôt que d'appeler les membres de sa famille, il a appelé au bar le Rebel pour se faire raccompagner. Une fois sur place, constatant que certains clients évoquaient la possibilité qu'il ait frappé un être humain, il a pris le volant.

Me Smith a relevé plusieurs faits étonnant dans le discours de l'accusé. Signe que son intervention devant le tribunal était bien orchestrée, ce dernier avait beaucoup de détails concernant ses agissements en lien avec les accusations portées contre lui et bien peu lorsqu'on s'écartait du vif du sujet.

«Il sait exactement ce qu'il a bu avant le drame, mais lorsque interrogé sur sa consommation lors de son retour au bar, il n'y a plus de détail. Il adopte une mémoire sélective afin de rendre son récit crédible», estime la spécialiste.

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