Richard n'a pas senti qu'il avait heurté un coureur

Guy Richard... (La Tribune, Yanick Poisson)

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Guy Richard

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Yanick Poisson
La Tribune

(DRUMMONDVILLE) Appelé à témoigner à son procès pour conduite avec les capacités affaiblies et négligence criminelle causant la mort de Pierrik Houle, le 21 décembre 2012 à Sainte-Perpétue, Guy Richard a expliqué qu'il a mis un certain temps à comprendre qu'il venait de tuer un jeune homme.

Quelques minutes après avoir quitté le bar le Rebel, où il avait passé une partie de la soirée, le quadragénaire a fait une courte halte à l'épicerie du coin afin d'acheter « un sandwich et une orangeade » avant de poursuivre sa course sur la route 259.

L'accusé affirme alors avoir quitté la route des yeux pendant quelques secondes à peine afin de trouver sa boisson sur le siège du côté passager et c'est à ce moment qu'il a heurté le joggeur avec sa mini-fourgonnette. Puisqu'il ne regardait pas devant lui, il n'avait aucune idée de ce qui venait de se passer.

« Quand j'ai relevé la tête, mon pare-brise était fracassé. J'ai été surpris, j'ai ralenti, je me demandais ce qui se passait, j'ai baissé ma vitre », a témoigné Richard, précisant qu'il roulait à environ 50 km/h au moment de l'impact.

Il a immédiatement cru que des enfants avaient pu lancer des morceaux de glace en sa direction et s'est arrêté lorsqu'il a vu un homme et son fils marchant en bordure de rue.

« Je suis débarqué et je leur ai demandé s'il était possible que l'enfant m'ait lancé un objet. Ça arrive que des jeunes font de mauvais coups », a-t-il dit.

L'individu lui a répondu du tac au tac qu'il était impossible que son garçon ait fait une chose pareille. Au fil des discussions, d'autres passants sont venus constater les dégâts à la mini-fourgonnette. Guy Richard lui-même a été étonné de l'ampleur des dommages. On a ensuite conclu à une chute de glace.

« C'était pire que je pensais. Il n'y a pas que le pare-brise qui était brisé, la lumière et le pare-chocs aussi. Un homme a suggéré que ça puisse être une chute de glace. Il en avait beaucoup sur les toitures et les fils électriques », a-t-il précisé.

Richard est ensuite retourné au bar le Rebel où il espérait se faire raccompagner chez lui par une serveuse. Constatant son absence, il a décidé de reprendre le volant. Il s'est rendu à l'entrepôt d'Isolation CFL où il a troqué le véhicule accidenté pour une camionnette. Il est ensuite retourné sur les lieux du drame.

«Je ne me sentais pas bien»

L'accusé a fait quelques aller-retour sur la route 259 avant de finalement voir des gyrophares et un attroupement à proximité d'où le corps de Pierrik Houle a été découvert. Il est sorti de son véhicule et a vu un corps. Lorsque le frère de la victime l'a apostrophé et l'a accusé d'être l'auteur de l'accident, il a compris ce qui venait de se passer.

« Je ne me sentais pas bien. Il y avait une personne décédée au sol et j'avais eu un impact avec mon véhicule. C'est là que j'ai compris », a-t-il dit.

État d'ébriété?

La version de Guy Richard concernant sa consommation d'alcool diffère de celles avancées par les serveuses du bar le Rebel. L'accusé admet avoir fait l'achat de huit grosses bières au cours des quelques heures passées dans l'établissement, mais affirme ne pas les avoir bues. Au moins quatre d'entre elles étaient destinées à d'autres clients.

« Je me suis présenté au bar avec un coupon de machine à poker, j'avais gagné. J'ai demandé à ce qu'on amène de la bière pour trois personnes et j'ai dit à la serveuse de s'en prendre une », a-t-il raconté.

Le procès de Richard se poursuivra ce matin avec le contre-interrogatoire de la procureure de la Couronne Me Vicky Smith.

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