Sudation mortelle : les trois accusés reconnus coupables

Ginette Duclos, Gabrielle Fréchette et Gérald Fontaine.... (Archives La Tribune)

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Ginette Duclos, Gabrielle Fréchette et Gérald Fontaine.

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Yanick Poisson
La Tribune

(DRUMMONDVILLE) Au terme d'un exposé qui aura duré près de deux heures, la juge de la Cour du Québec Hélène Fabi a déclaré Gabrielle Fréchette, Ginette Duclos et Gérald Fontaine coupables de négligence criminelle causant la mort de Chantal Lavigne et des lésions à Julie Théberge, le 28 juillet 2011 à la ferme Reine de paix de Durham-Sud.

« Les gestes qui ont été posés cette journée-là étaient dangereux à l'égard de la santé des participants et étaient hors norme. Le bon sens le plus élémentaire aurait dû convaincre les accusés de s'abstenir de leur faire vivre une aventure aussi périlleuse », a conclu la magistrate lundi.

Mme Fabi a qualifié d'invraisemblable et de souvent contradictoires les propos tenus par Gabrielle Fréchette au cours de son témoignage. Selon sa version et celle de ses acolytes, les victimes de la hutte de sudation avaient couru à leurs pertes en ne s'hydratant pas suffisamment dans les heures précédant l'expérience.

« Elle a qualifié les neuf participants d'expérimentés, mais ne savait pas si Chantal Lavigne avait déjà participé à une telle hutte de sudation. Elle a également dit que Julie Théberge n'avait jamais fait une hutte en position couchée. Son témoignage n'a pas été droit, sincère et franc », a expliqué la juge.

À l'analyse des témoignages divergents des participants appelés à la barre, Hélène Fabi en est venue à la conclusion que les consignes n'étaient pas claires et que les participants ne savaient pas du tout à quoi s'attendre lorsqu'ils ont été soumis à la hutte de sudation. Si plusieurs avaient déjà pris part à une activité du genre, c'était la première fois qu'ils étaient confrontés à une version aussi intense,

« Ils n'ont pas reçu de consigne et même si ça avait été le cas, jamais elles n'ont expérimenté une telle hutte de sudation, affirme-t-elle. C'était une journée très chaude de juillet, ils étaient au deuxième étage d'un bâtiment sans climatisation. Ils ne pouvaient s'hydrater et étaient enduits de boue. Le milieu chaud et humide a eu pour effet de court-circuiter le mécanisme du corps d'élimination de la chaleur par sudation ».

La défense en furie

Les trois avocats de la défense n'ont pas digéré la décision de la juge Fabi. Leur argumentaire, qu'ils croyaient solide, a été démoli pièce par pièce.

« Je vais recommander fortement à ma cliente d'aller en appel. Ce n'est pas à cause d'un point en particulier, mais d'un ensemble de points que je crois que la Cour d'appel peut nous donner raison », estime l'avocat de Ginette Duclos, Me René Duval.

Plus posé, le représentant de Gabrielle Fréchette, Me Denis Lavigne, a indiqué qu'il allait prendre le temps d'analyser la décision avant d'évoquer la possibilité d'en appeler. Peu importe la décision, il maintient que sa cliente n'avait pas l'intention de faire du mal à qui que ce soit et qu'elle a d'ailleurs cessé de tenir des huttes de sudation.

« C'est un très malheureux accident, elle ne s'attendait pas du tout à une telle conclusion. Elle entend se plier au processus judiciaire », dit-il.

Les partis ont demandé la confection de rapports présentenciels afin de mieux définir les peines appropriées. Selon le Code criminel, elles s'échelonnent des heures de travaux communautaires à la prison à vie. Les accusés seront de retour au palais de justice de Drummondville le 23 décembre afin que l'on établisse une date pour les représentations sur sentence.

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