Une mère perd la garde de ses deux enfants encore vivants

Les choses tardent à se placer pour une mère de famille drummondvilloise... (Archives La Presse)

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Yanick Poisson
La Tribune

(DRUMMONDVILLE) Les choses tardent à se placer pour une mère de famille drummondvilloise endeuillée. Un peu plus de trois ans après avoir dû pleurer la mort de deux de ses enfants, victimes de son ex-conjoint, voilà qu'on vient de lui retirer la garde des deux autres.

L'infirmière de profession éprouve sa part de difficultés psychologiques depuis qu'on a retrouvé sans vie ses enfants de 8 et 3 ans, dans un incendie criminel survenu en mai 2011. Elle ne cache pas avoir consulté et être suivie par un psychologue sur une base régulière.

Cette décision de la Direction de la protection de la jeunesse, de lui retirer la garde de son fils survivant et d'un autre, âgé d'à peine quelques mois, survient alors que l'état de la Drummondvilloise tend pourtant à s'améliorer. On lui prescrit de moins en moins de médicaments et elle entrevoit même de reprendre le travail au cours des prochains mois.

On reproche, entre autres, à la mère endeuillée de constituer un danger pour la sécurité de ses enfants. Une accusation plutôt ironique si l'on considère que cette dame, qu'on ne peut identifier pour des raisons légales, est l'une des instigatrices du mouvement contre la violence faite aux enfants qui a vu le jour au lendemain du triple assassinat d'Anaïs, Loïk et Lorélie Desautels survenu en décembre 2012.

«Ils estiment que je pourrais faire du mal à mes enfants. On me dit pourtant que ma santé s'améliore, la psychiatre a diminué ma médicamentation. Je ne sais plus trop quoi faire. Je veux collaborer, mais je n'ai pas d'oreille attentive», affirme la mère de famille, prise au dépourvu.

Une victime d'acte criminel?

Malgré le drame terrible qu'elle a vécu en mai 2011, la dame n'a obtenu que bien peu d'aide afin de passer à travers les moments difficiles. Elle a bien sûr eu droit à du réconfort provenant de parents et amis, mais elle n'a pas été reconnue comme une victime d'acte criminel.

N'ayant pas les ressources financières pour faire valoir ses droits, elle n'a pu faire pression en vertu de la Loi sur l'indemnisation des victimes d'actes criminels (IVAC). On sait que Patrick Desautels a, pour sa part, obtenu gain de cause dans un dossier similaire, en juin 2013, après des mois d'affrontements.

«Je n'ai jamais été reconnu comme une victime d'acte criminel. Les criminels ont plus de services que ce qui m'a été offert depuis le drame de 2011. Je ne suis plus en mesure de travailler. On ne vit pas très riche disons», raconte-t-elle.

Bachelière en soins infirmiers, la mère de famille a fait son métier pendant 18 ans avant que les tragiques événements ne viennent bouleverser sa vie. Depuis elle est en congé sans solde prolongé, le temps de retomber sur ses pieds, un processus qui est relativement ardu.

Afin de récupérer les deux enfants qui lui restent, la Drummondvilloise devra espérer la collaboration des intervenants de la DPJ. Ils devront plaider en sa faveur devant un juge.

«Ce n'est pas gagné, ils ne veulent même pas me parler», résume-t-elle.

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