Extermination massive de poissons: Algonquin Power en infraction

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Yanick Poisson
La Tribune

(SAINTE-BRIGITTE-DES-SAULTS) Le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte aux changements (MDDELCC) a émis un avis de non-conformité à Algonquin Power en lien avec l'exploitation de sa centrale hydroélectrique privée installée sur la rivière Nicolet Sud-Ouest à Sainte-Brigitte-des-Saults.

L'entreprise n'a pas respecté les directives de son certificat d'autorisation environnementale accordé en mars 1998 en n'assurant pas un débit minimal dans la rivière. Selon l'entente en vigueur, Algonquin Power devait assurer un débit d'au moins 1 mètre cube d'eau à la seconde durant l'été. Elle prévoit également l'aménagement d'une voie migratoire pour permettre la libre circulation des diverses espèces de poissons, dont certaines sont menacées, afin qu'ils atteignent le reste de la rivière pour compléter leur cycle vital.

Le résultat des analyses effectuées en août par les experts du Centre d'expertise hydrique du Québec démontre qu'Algonquin Power ne laisse plutôt passer que 0,383 mètre cube à la seconde, soit 60 % moins d'eau que ce que lui permet son certificat d'autorisation.

De plus, lors de l'inspection sur le terrain, une biologiste du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs a aussi constaté que des poissons vivants étaient retenus captifs dans plusieurs cuvettes qui ne sont pas reliées au réseau hydrographique. Dans son évaluation des conséquences sur le milieu, le MDDELCC qualifie la situation de «grave»

Cette réprimande a eu de quoi faire réagir les dirigeants de Fondation rivières, organisme destiné à la protection des cours d'eau québécois. L'agente de recherche et communication Pierre Leclerc a accusé l'entreprise ontarienne d'être directement responsable de la mort de centaines de poissons en juin dernier.

Une crue subite, occasionnée par des pluies abondantes survenues, a fait basculer des centaines de poissons (achigans, dorés, meuniers, carpes) au-dessus de la crête du barrage. Ceux-ci se seraient ensuite retrouvés emprisonnés dans des cuvettes rocheuses en aval, dans la rivière quasi asséchée», explique M. Leclerc.

Suspension demandée

Devant l'ampleur du désastre écologique, la Fondation rivières demande au ministre David Heurtel d'appliquer l'article 115.10 (par. 1 et 2) de la Loi sur la qualité de l'environnement qui lui permet de suspendre temporairement le certificat d'autorisation accordé à Algonquin Power. On aimerait que le ministère en profite pour réviser le certificat, les normes environnementales ayant été modifiées depuis 1998, notamment en lien aux recommandations de la Commission Doyon, qui suggère un débit minimal encore plus important.

L'organisme en ajoute en affirmant que cet événement survient au moment où le contrat d'achat de l'électricité par Hydro-Québec est en voie d'être renouvelé pour une durée de 20 ans. Avec la différence entre les coûts d'achat et les prix de vente actuels de cette électricité, la fondation Rivières estime à 21 millions $ sur 20 ans (dont 911 000 $ pour 2014), les pertes que subirait Hydro-Québec pour cette seule petite centrale.

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