Le comportement déviant s'accentuerait avec le temps, dit un spécialite

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(SHERBROOKE) Le comportement déviant de cyberprédateurs comme Simon Fortier va souvent en s'accentuant avec le temps.

Selon l'expert en délinquance sexuelle Mario Larivée-Côté, il n'y a aucune garantie que l'homme de 31 ans se serait arrêté à demander à ses victimes de se déshabiller devant leur ordinateur.

«Pour les jeunes cyberprédateurs, nous remarquons une gradation dans le comportement. Après les images, les conversations sexuelles et les vidéos, ils vont passer à l'étape de vouloir rencontrer les victimes. Pour hausser le niveau d'excitation, ils vont vouloir augmenter les stimulus. S'ils ne se font pas prendre au début, ils vont prendre de plus en plus de risques», estime M. Larivée-Côté.

Il assure n'avoir jamais rencontré un délinquant sexuel qui avait élaboré sur ses chances de se faire arrêter pour ses gestes sexuels déviants.

«Lorsque cet individu a élaboré son plan d'agence de mannequins et qu'il sollicitait les jeunes filles, il ne pensait pas qu'il pouvait se faire prendre. Tout ce processus contribuait à son excitation, peut-être même au-delà du passage à l'acte. La liste des conséquences, ils ne la font pas. La conjointe, la famille, la honte, les amis, le milieu social, ce n'est pas des pensées que ces personnes tiennent en compte dans l'élaboration de leur stratagème déviant», explique Mario Larivée-Côté.

Selon lui, les cyberprédateurs pensent être au-dessus de la mêlée et qu'ils ne se feront jamais prendre.

«S'ils avaient conscience qu'ils pourraient se faire prendre, ils ne passeraient pas à l'acte. Ils ne veulent pas le savoir que c'est interdit. Ce sont les pulsions sexuelles qui prennent le dessus», estime l'expert en délinquance sexuelle.

C'est justement le risque trop grand de se faire prendre qui fait dire à Mario Larivée-Côté que Simon Fortier n'aurait pas tenté de s'en prendre à ses élèves.

«Les risques étaient trop grands. Sur internet, il restait dans le virtuel. Ce qu'il se permettait sur les réseaux sociaux n'avait, selon ce qu'il pensait, aucun impact dans sa vie», estime le sexologue.

Mario Larivée-Côté rappelle qu'il n'y a pas de profil type de cybercriminel.

«Lorsque l'on parle de cyberprédateurs on tombe dans un autre profil que le pédophile carencé sur le plan des aptitudes sociales. Sur internet, les cyberprédateurs peuvent occuper un bon emploi et être scolarisés. Ils ont souvent grandi avec internet. De l'extérieur tout peut sembler bien aller dans leur vie. Cependant, leur comportement sexuel peut être tout autre. Il peut y avoir des manques à combler dans son quotidien, dans ses fantasmes sexuels ou certaines choses qu'il n'a pas vécus à l'adolescence. Il va aller chercher sur internet ce qu'il n'a pas ailleurs. », explique le sexologue clinicien.

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