Un autre accusé reconnu non-criminellement responsable pour meurtre

Le juge de la Cour supérieure André Vincent a trouvé Alexandre Forcier non... (Archives La Presse)

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Yanick Poisson
La Tribune

(DRUMMONDVILLE) Le juge de la Cour supérieure André Vincent a trouvé Alexandre Forcier non criminellement responsable du meurtre de son père, Gérald, survenu dans la maison familiale de la route 133 à Saint-Bonaventure. Le drame a eu lieu au petit matin du 11 février 2013.

Lors du prononcé de son verdict, le magistrat s'est rendu aux conclusions du rapport du psychiatre Pierre Gagné de la clinique médico-légale de l'Université de Sherbrooke. Après avoir évalué l'accusé, le spécialiste a conclu qu'il était en proie à des hallucinations auditives au moment du drame. Il entendait des voix qui lui ordonnaient de tuer son père et il s'agissait d'une question de vie ou de mort.

« Il dormait, mais j'entendais ce qu'il me disait par la pensée. Je pensais qu'il voulait me tuer, j'avais peur qu'il me tue et qu'il tue ma mère. J'ai entendu cette voix toute la nuit, elle me disait de le faire. J'ai tiré et je lui ai coupé le souffle en mettant ma main sur sa gorge », a-t-il raconté au spécialiste.

Forcier a ainsi pris possession de la carabine de calibre .22 de son père, il y a inséré deux balles et s'est rendu dans sa chambre. Profitant de son sommeil, il a approché le fusil de son front et l'a tiré à bout portant. Il a ensuite communiqué avec les services d'urgence et a avoué son crime.

Ce n'était pas la première fois qu'Alexandre Forcier était en proie à un tel délire. En 2011, il a été conduit au CHUS à deux reprises pour des délires psychotiques. Il était d'ailleurs diagnostiqué schizophrène. À ce sujet, le juge Vincent lui a recommandé de prendre sa médicamentation de façon régulière, l'omission de la prendre étant à l'origine du drame.

 

Une détention de courte durée?

Son cas n'étant plus l'affaire de la justice, l'accusé a été confié à la Commission d'examen des troubles mentaux. Il sera détenu à la prison Talbot et évalué périodiquement par des spécialistes du CHUS. Lorsqu'on considérera son état adéquat, il retrouvera sa liberté. La première évaluation aura lieu au cours des 45 prochains jours.

Contrairement au moment de son arrestation, Alexandre Forcier paraissait tout à fait sain d'esprit lors de son passage d'hier au palais de justice de Drummondville, ce qui laisse présager à une remise en liberté rapide.

Selon la procureure de la Couronne Me Marie-Eve Patry, la famille de la victime, qui est aussi celle de l'accusé, a perçu d'un bon oeil cette décision du Tribunal.

« La famille a suivi le processus et n'est pas surprise de la tangente que le dossier a prise. Ils prennent très bien la décision », a-t-elle précisé.

Le juge a finalement tenu à offrir ses condoléances aux membres de la famille présents dans l'auditoire. « Un patricide, ce n'est jamais une situation facile à vivre, la seule chose que je puisse faire, c'est vous offrir mes sympathies », a-t-il conclu.

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