Décès de Chantal Lavigne : les ambulanciers ont eu peu de collaboration

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Chantal Lavigne

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Yanick Poisson
La Tribune

(DRUMMONDVILLE) Appelés à intervenir auprès de Chantal Lavigne et de Julie Théberge, les ambulanciers ont eu du mal à obtenir l'information nécessaire pour prodiguer les soins appropriés aux deux femmes en détresse. Ce n'est qu'une fois à l'hôpital qu'on a pu établir un diagnostic fiable de coup de chaleur.

«Lorsqu'on nous a appelés à l'origine, c'était pour un problème diabétique. À la prise du taux de glycémie, nous nous sommes aperçus que ce n'était pas ça. Lorsque j'ai demandé ce qui s'est passé, j'ai eu droit à des réponses très évasives. Je me demandais où ils avaient pris ça. Elles n'étaient pas diabétiques», a raconté Jean Dumont, alors ambulancier à Richmond.

La version de Nicolas Prévost-Drouin, appelé en renfort de Drummondville afin de transporter Mme Théberge, est concordante. Ce dernier affirme n'avoir obtenu que peu de collaboration de la part de Gabrielle Fréchette et de ses deux acolytes, Ginette Duclos et Gérald Fortier.

«J'ai posé beaucoup de questions. Elle a fini par m'expliquer qu'ils avaient fait un enveloppement de terre pour canaliser les énergies. J'ai rapidement compris qu'ils n'allaient pas me donner d'informations qui m'aideraient dans l'immédiat», a-t-il dit.

Constatant la présence de près d'une dizaine de femmes nues, dont deux présentaient des symptômes de nausées et de perte de conscience, les ambulanciers ont alors cru à une intoxication. Ils ont prodigué les soins nécessaires et ont informé le personnel soignant de l'hôpital Sainte-Croix de leur arrivée imminente.

Un choc critique

C'est l'urgentologue Daniel Lafleur qui a accueilli les deux patientes en provenance de la ferme Reine de la paix de Durham-Sud. Ce dernier se rappelle avoir ausculté brièvement Julie Théberge avant de se concentrer sur le cas beaucoup plus urgent de Chantal Lavigne.

Mme Théberge était aux prises avec un coup de chaleur et une déshydratation modérée. Elle a subi un choc secondaire, selon le spécialiste. On lui a perfusé deux litres de soluté immédiatement et deux autres au cours des heures qui ont suivi afin de la remettre sur ses pieds.

«Il est assez peu probable qu'elle ait pu s'hydrater elle-même dans l'état où elle était, ses intestins et son estomac ne fonctionnaient plus adéquatement. Nous avons agi à temps», a-t-il expliqué.

Mme Lavigne a eu moins de chance. À son arrivée au centre hospitalier, elle avait un pouls de 165 battements par minute, sa respiration était trois fois plus rapide que la normale et sa tension à la baisse. On a dû lui faire une perfusion osseuse, tellement il manquait de sang dans ses veines. Malgré une douzaine de litres de soluté, son état n'est jamais revenu et ses organes ont flanché un par un jusqu'à ce qu'on la conduise au CHUS.

«Elle a fait une coagulation intravasculaire disséminée, il s'agit d'une complication très grave attribuable au coup de chaleur qui fait en sorte que le corps se met à faire des caillots où il ne faut pas et n'est plus efficace où il faut. Elle s'est mise à saigner abondamment et ses organes ont lâché», a-t-il conclu.

Le procès pour négligence criminelle de Gabrielle Fréchette, Ginette Duclos et Gérald Fontaine se poursuivra lundi. Rappelons que le trio est accusé de la mort de Chantal Lavigne et d'avoir causé des lésions à Julie Théberge, le 29 juillet 2011 lors d'une hutte de sudation qui a mal tourné.

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