La détention de Pascal Morin au CHUS est maintenue

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Pascal Morin

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(SHERBROOKE) « S'il arrive quelque chose lors des moments où il est remis en liberté, comment va être votre conscience? Qui va être responsable des gestes qu'il commet, parce que lui, il a été déclaré ne pas en être responsable »

Francis Fillion, le père des deux jeunes victimes de Pascal Morin, a soulevé des questions relatives à la sécurité du public mercredi lors de l'audition devant la commission d'examen des troubles mentaux du Tribunal administratif du Québec (TAQ).

Ces doléances ont été entendues par le TAQ qui maintient Morin en détention dans les mêmes conditions à l'aile psychiatrique du CHUS où il pourra bénéficier de sorties de 15 minutes chaque jour. La commission a refusé à l'homme de 38 ans des sorties sans escorte de 30 minutes sur les terrains de l'hôpital.

Dans une folie meurtrière en février 2012, Morin a tué sa mère Ginette Roy-Morin et ses deux nièces Laurence et Juliette Fillion à Saint-Romain. Il a été déclaré non criminellement responsable pour troubles mentaux.

« Nous ne sommes pas restés insensibles aux représentations des parents des victimes et du directeur aux poursuites criminelles et pénales. Nous avons retenu que les meilleurs et pires moments de votre vie ont été vécus alors que vous aviez consommé des stupéfiants. Ce sont des propos lourds de conséquences », a expliqué le président du TAQ, Me Philippe Gariépy.

Cette affirmation de Pascal Morin avait fait bondir sa soeur Claudia Morin, mère des deux petites victimes, qui lui a rappelé lors de l'audition qu'il avait tué ses deux enfants après ces propos relatifs à la consommation de stupéfiants.

Drogué au CHUS

Selon sa psychiatre, la Dre Martine Bérubé, Pascal Morin représente toujours une dangerosité importante pour la sécurité du public. Lors de la dernière année, sa situation ne s'est pas améliorée relativement à sa condition mentale. Il n'est pas non plus capable de faire un travail de prévention concernant la rechute de consommation de stupéfiants.

En avril 2014, il a réussi à se procurer des stupéfiants sur le terrain du CHUS. Il a été testé positif après avoir consommé des amphétamines qu'il avait prises « afin d'avoir plus d'inspiration pour composer de la musique ». En juin, il a été surpris avec deux autres détenus à tenter de faire entrer de la cocaïne à l'aile psychiatrique. Ses permissions de sorties de 15 minutes sans surveillance lui avaient alors été retirées.

« Il représente encore un danger. On ne peut aider quelqu'un qui ne veut pas. Il ne faut pas qu'il se trouve seul à l'extérieur parce qu'on ne sait pas ce qu'il peut faire. Il a déjà trop fait de ravages. Il n'admet pas son problème de consommation et il ne l'admettra jamais », estime Claudia Morin.

Les parents des petites victimes ont insisté pour que l'ordonnance d'être avertis si Morin quitte le CHUS soit à nouveau émise.

« Lorsqu'il se fait dire non, le vrai Pascal peut ressortir. Lorsqu'il consomme, il est dangereux. S'il quitte l'hôpital, la seule place qu'il connaît c'est Saint-Romain. S'il y remet les pieds ça peut être dangereux pour nous ou pour lui », mentionne Francis Fillion.

Le couple entend être présent chaque fois que Morin reviendra devant la commission d'examen des troubles mentaux.

Tout au long de l'audience, Pascal Morin a regardé devant lui comme si l'on parlait d'un inconnu. Comme un automate, il a répondu aux questions de son avocat Me Benoit Gagnon de l'aide juridique.

Il a reconnu son problème de schizophrénie et qu'il devrait prendre des médicaments toute sa vie. Dans une lettre écrite avant l'audience, il a mentionné avoir des regrets des gestes qu'il a commis.

La décision de garder l'individu en détention à l'aile psychiatrique du CHUS doit être réévaluée toutes les années.

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