Zakria Habibi manque toujours à l'appel

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Zakria Habibi

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(SHERBROOKE) Zakria Habibi, ce Sherbrookois de 26 ans dont on est sans nouvelles depuis le 17 juillet, manque toujours à l'appel. Le jeune homme est disparu alors qu'il effectuait un voyage en Europe, à Konya en Turquie. Une enquête est menée conjointement entre le Service de police de Sherbrooke et la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Le père du disparu, Ismatullah Habibi, connu notamment pour son engagement au Festival des traditions du monde, avance qu'il n'y a rien de nouveau dans le dossier, plus d'un mois après que la disparition eut été rendue publique. M. Habibi s'est pourtant rendu lui-même en Turquie pour tenter de retrouver son fils.

« J'ai été plus déçu qu'autre chose. Ça n'a absolument rien donné», se contente-t-il d'affirmer.

« Même si les gens posent des questions, en tant que parent, je n'ai rien de plus. Je n'ai rien dans mes mains, alors je ne peux rien faire », ajoute-t-il.

Interrogé à savoir si Zakria Habibi aurait pu traverser la frontière de la Syrie pour se joindre à un groupe radical, Ismatullah Habibi avance qu'il ne « peut pas répondre à cette question » et qu'il a « toujours été contre ces gens-là ».

La page Facebook Find Zack, lancée par la famille et traduite en au moins sept langues pour tenter d'obtenir de l'information, a entre-temps été retirée. « J'ai fait fermer la page parce que des utilisateurs, majoritairement des Québécois, écrivaient des commentaires racistes. Ce n'était pas agréable et ça ne faisait pas honneur à mon frère », explique Navin Habibi, soeur de Zakria.

« Nous avons tenté d'effacer tous les messages disgracieux, mais je n'en pouvais plus. Je trouvais ça vraiment lourd. On trouve ça difficile qu'en 2014, alors que nous sommes au Québec depuis 21 ans, nous soyons encore victimes de racisme. Nous avons fait tout ce que nous pouvions faire. Nous nous sommes même rendus en Turquie... »

«Nous sommes au courant de rapports sur le fait qu'on n'arrive plus à retrouver un citoyen canadien en Turquie.»


Mme Habibi affirme que son frère devait passer quelques jours en Turquie avant de s'envoler pour Paris, mais il n'est jamais monté à bord de l'avion. Zakria Habibi n'avait pas laissé d'itinéraire précis, mais il avait l'habitude de communiquer avec sa famille. Interrogée à savoir si un hôtel impayé aurait pu soulever des doutes sur une potentielle disparition, Navin Habibi répond par la négative. Le Sherbrookois a quitté son dernier hôtel comme prévu. Ce qui s'est produit ensuite demeure un mystère.

Un message publié sur Facebook a momentanément ravivé l'espoir, laissant croire que le jeune homme souhaitait reprendre contact. Il s'agissait toutefois d'une fausse alerte, puisque le compte de Zakria Habibi aurait été piraté, au grand désarroi de sa famille.

Mme Habibi affirme que le dossier est entre les mains de la GRC. « Ils s'en occupent à 100 %. »

À la GRC, le porte-parole Erique Gasse affirme qu'il y a eu « une demande d'assistance de la police de Sherbrooke. Nous avons un officier de liaison dans cette région du monde qui sert d'antenne avec les autorités turques. Nous avons fait une demande d'assistance aux autorités là-bas. Nous n'avons pas d'enquêteur sur le dossier. Nous n'avons pas vraiment de nouvelles. C'est vraiment la police de Sherbrooke qui est en charge du dossier ».

Pourtant, au Service de police de Sherbrooke (SPS), le porte-parole Martin Carrier fournit une information différente. Il affirme que « le SPS collabore selon les besoins de l'enquête menée par la GRC ».

Au ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement, l'appel logé par La Tribune s'est traduit par une réponse laconique par courriel. « Nous sommes au courant de rapports sur le fait qu'on n'arrive plus à retrouver un citoyen canadien en Turquie. Des agents consulaires du Ministère aident la famille de cette personne. »

Rappelons que selon sa famille, Zakria Habibi était parti pour un « Eurotrip » avant d'entreprendre ses études universitaires et que le billet le moins cher qu'il avait trouvé le menait en Turquie. Parti le 13 juillet, il a donné signe de vie pour la dernière fois le 17 juillet. La famille a d'abord cru qu'il n'avait pas accès à internet pour quelques jours. Il n'avait toutefois pas l'habitude de ne pas donner de nouvelles.

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