Le projet permet aussi de mieux comprendre les mécanismes qui permettent son activation.
Un des obstacles majeurs pour les chercheurs, c'est qu'une fois survenue l'infection par le VIH, lorsque le virus est caché dans les cellules réservoirs, il devient latent et en quelque sorte hors de portée.
« Ni le système immunitaire ni les médicaments antirétroviraux ne peuvent lui toucher. On ne peut pas éliminer le virus, on ne peut pas le guérir... », explique Brendan Bell, professeur à la faculté de médecine et des sciences de la santé (FMSS) de l'UdeS, également chercheur au Centre de recherche clinique Étienne-Le Bel. Si on parvenait à sortir le virus de sa tannière, on peut penser qu'on pourrait alors parvenir à le détruire.
Ces travaux, menés en collaboration avec la professeure Nancy Dumais, ont été publiés en juillet dernier dans la revue Retrovirology.
«L'analogie qu'Emmanuelle a dessinée et que je trouve très jolie, c'est qu'on a trouvé la forme de la serrure et on commence à voir la forme de la clé.»
Assistante de recherche pour ce projet et étudiante au doctorat, Emmanuelle Wilhelm souligne que la banalisation de la maladie demeure un problème. Même si les traitements arrivent à prolonger la vie des personnes, il n'en demeure pas moins qu'elles ne peuvent pas vivre une vie tout à fait normale, entre autres à cause des effets secondaires liés aux traitements. De plus, ce sont les personnes vivant dans des pays riches qui ont accès aux traitements, rappelle M. Bell.
Les travaux ont également permis de mieux comprendre les mécanismes qui permettent l'activation du virus.
«On ne savait pas quels étaient les acteurs cellulaires qui étaient impliqués. On a mis au point une technique pour aller chercher ces acteurs, qu'on a publiée dans un travail précédent... Dans les cellules lymphocyte T, les cellules infectées par le VIH, on a identifié un complexe de protéines nécessaires pour l'activation... C'est très spécifique», commente M. Bell.
«L'analogie qu'Emmanuelle a dessinée et que je trouve très jolie, c'est qu'on a trouvé la forme de la serrure et on commence à voir la forme de la clé. Dans le futur, ce sera d'aller chercher les détails de cette clé-là. Les molécules formant cette clé représentent de nouvelles cibles potentielles pour éradiquer le VIH», observe M. Bell.
Un autre projet de recherche auquel collaborent Mme Wilhem et M. Bell porte sur le cancer.