M. Allard et son équipe prenaient place dans le deuxième ou le troisième camion en route vers la rue Pépin. « Nous avons compris la gravité des événements avant même de partir de la caserne, simplement en entendant le timbre de la personne au téléphone. Nous savions que c'était sérieux et qu'il risquait d'y avoir plusieurs victimes. Plus on s'approchait, plus on savait que c'était quelque chose de gros. Heureusement, l'évacuation avait commencé avant l'explosion. »
Attitré au sauvetage, David Allard est entré dans une portion de l'usine qui n'était pas touchée par l'incendie, mais qui avait subi les effets de l'explosion. « Je partais avec l'idée que j'entrais dans un environnement qui était peut-être contaminé. Il n'y avait pas de temps pour penser à nos émotions. Il fallait assurer notre propre sécurité. C'était chaotique. Des murs de béton étaient tombés, des outils avaient été dispersés par l'explosion, des vitres soufflées. Il y avait du matériel pêle-mêle partout. »
Les pompiers ont alors trouvé une personne sous un mur. « Il y avait des travailleurs qui aidaient les pompiers. Même si on leur disait de sortir, il n'était pas question pour eux de laisser leurs confrères à l'intérieur. D'un autre côté, nous avons été chanceux de les avoir parce que nous ne savions pas quelle quantité d'acétone se trouvait toujours à l'intérieur », précise Serge Collins.
En faisant des recherches primaires au rez-de-chaussée, l'équipe de David Allard a entendu du bruit. « Nous avons compris qu'il y avait probablement quelqu'un. Nous avons trouvé une dame sous les décombres. C'était un miracle qu'elle soit encore en vie. C'est valorisant de sortir des victimes vivantes, particulièrement après plus d'une heure d'intervention. Il n'y a rien de mieux que ça », insiste-t-il.
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