Après s'être fait voler des branches à répétition, il convie maintenant ses concitoyens à mieux surveiller leurs terres à bois pour décourager les malfaiteurs.
Ce citoyen qui désire garder l'anonymat s'est lui-même fait mettre la puce à l'oreille par son voisin immédiat, qui cultive diverses essences d'arbres sur son terrain. « J'étais en train de me bâtir une cabane de chasse et j'ai vu un gars ramasser du bois sur mon terrain. J'ai réalisé par après que c'était des branches de noisetier alors j'en ai parlé à mon voisin pour lui dire de surveiller de son côté », raconte-t-il.
Au cours des dernières années, les deux hommes ont chacun pris des voleurs de noisetiers sur le fait. Certains seraient des habitués de cette pratique depuis plus de 10 ans, d'après les informations qu'ils ont recueillies.
«Avec l'engouement pour les bienfaits des noisetiers, c'est très payant d'en vendre les branches et même les noisettes alors les gens s'en parlent», ont-ils découvert en interrogeant les intrus. Ils estiment s'être fait voler autour de 3000 $ en branches chacun cette année seulement.
En coupant tous les bouts de branches, les maraudeurs empêchent les noisetiers de produire des noisettes et ainsi de se régénérer. «Les arbres n'arrivent pas à maturité et ne font plus de glands», déplorent ces citoyens d'East Angus. Ils s'attendent d'ailleurs qu'à ce rythme, une bonne partie des arbres ait disparu d'ici quelques années.
D'après eux, ils sont loin d'être les seules victimes de ces coupes indésirables. Les municipalités d'Ascot Corner, d'Eaton Corner et de Bishopton jusqu'à Weedon constitueraient toutes des terres très favorables à la pousse de noisetiers. Ils ont aussi constaté la même hécatombe sur le terrain de leurs voisins. «C'est un couple de personnes âgées qui habite de l'autre côté de chez moi, alors je suis allé vérifier pour eux parce qu'ils ont peur et j'ai découvert la même situation.»
Outre les dommages irréversibles faits aux arbres, c'est justement l'intrusion d'inconnus sur leurs terrains qui irrite le plus ces propriétaires d'East Angus. Ils se sont d'ailleurs fait voler plusieurs autres objets de valeur au fil des ans. «Notre sécurité est compromise, les gens s'approchent très près de la maison. On ne se sent pas en sécurité, quelqu'un peut être tout près sans qu'on le sache!», s'alarme l'un des deux hommes.
Exaspérés par la situation, ils souhaitent désormais conscientiser les autres propriétaires de noisetiers, notamment en faisant part de la problématique au conseil municipal.
Déjà en contact avec la Sûreté du Québec pour empêcher les cultivateurs de marijuana de s'installer sur leurs terres, ils estiment toutefois que les policiers ne leur seraient d'aucune aide contre les voleurs de branches de noisetiers, faute de preuves.