Des producteurs songent à tout lâcher

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Les champs débordent, mais la clientèle se montre timide. La surproduction, les... (Imacom, René Marquis)

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Imacom, René Marquis

Jérôme Gaudreau

Jérôme Gaudreau
La Tribune

(SHERBROOKE) Les champs débordent, mais la clientèle se montre timide. La surproduction, les fruits et légumes américains et les bas prix retrouvés en épicerie auront peut-être raison de la passion de certains producteurs. Sinon, c'est plutôt Dame Nature qui en décourage plus d'un. La vie d'un producteur n'est hélas pas de tout repos. Certains songent même à tout lâcher.

André Gagné en a vu de toutes les couleurs lors de ses nombreuses années de production de maïs sucré. Celui qui possède une terre en bordure du chemin Sainte-Catherine a diminué sa production de beaucoup au fil du temps. Désormais, sa production se limite à moins d'un acre de plants de maïs sucré. Pourquoi? Parce que la météo ne lui fait pas de cadeaux.

« Parfois il n'y a pas assez de soleil, d'autres fois il n'y a pas assez de pluie. Les conditions sont rendues très difficiles pour les agriculteurs. Cette année encore, le semis y a goûté au début du mois de juin. Les orages ont fait mal aux semences qui ont été déterrées. On est rendus avec des extrêmes! Le gel du printemps n'a pas non plus aidé. Je crois que ce sera ma dernière année. J'ai déjà eu plusieurs acres en production, mais les conditions actuelles m'ont découragé!», admet André Gagné.

Si d'autres producteurs ont eu la main plus chanceuse en Estrie, plusieurs producteurs de maïs sucré n'ont pas été épargnés ailleurs au Québec. On dénote des pertes records à cause du temps sec et de la vague de chaleur. Des hectares de maïs ont ainsi été perdus chez plusieurs agriculteurs. Le marché du grain pour bétail a également été atteint.

Plein et vide à la fois

Du côté de la ferme Jardin fruitier de Sherbrooke, la copropriétaire Anne-Christine Gervais se réjouit en regardant son champ devenu entièrement bleu. Les bleuets demeurent plus savoureux que jamais et poussent en abondance. Or peu de visiteurs se présentent au Jardin fruitier de la rue Lotbinière du secteur Rock Forest.

« Je crois que cette situation est causée par la surproduction et aussi par les prix très bas offerts dans les épiceries. J'ai peur d'être obligée de laisser les bleuets pourrir sur leur plant. C'est très triste. On essaie de faire de la publicité, mais pour ça il faut de l'argent. Et puisque les visiteurs se font rares, l'argent l'est tout autant!»

Texte complet dans La Tribune de jeudi.

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