«Nous souhaitions profiter de l'effervescence du slam dans la région pour créer un rassemblement où des enfants d'écoles différentes entreraient en contact et découvriraient la réalité de l'autre», expliquent en choeur les deux étudiantes en enseignement à l'Université de Sherbrooke.
Ce sont 175 élèves issus de six écoles primaires de la région qui ont perfectionné leur langue écrite et orale en arrimant, en équipe, des rimes qui exprimaient leurs rêves, leurs passions et leurs revendications. «En tout, nous sommes sept stagiaires à avoir incorporé le slam dans les cours de français. Les écoles participantes avaient de profils socio-économiques différents. Nous avions une école alternative, une école plus rurale et une autre plus urbaine. Le projet s'est terminé avec un spectacle de slam à l'école Sainte-Famille où les sept classes participantes se sont rencontrées et ont partagé leurs slams. Plusieurs se sont exprimés sur l'intimidation, mais aussi sur l'environnement, la liberté, la guerre et la justice», racontent les lauréates.
Les deux étudiantes souhaitent que leur projet Salsa de Slams devienne une tradition dans les écoles de la région. Et pour se souvenir de la première édition, un recueil de tous les slams écrits au cours du projet sera publié en juin.
Des enfants renversants
La plus grande fierté de Mylène Archambault et Éliane Landriault : les enfants. «Ils ont été renversants. Ils ont fait preuve de dépassement de soi. L'idée était de créer une expérience fondatrice dont ils allaient se souvenir, un projet pour valoriser leurs idées et leur estime de soi afin de leur donner le goût de récidiver et de se dépasser de nouveau. Avec de la confiance, les enfants peuvent prendre la place qui leur revient, poser des actions, s'engager et avoir un impact sur les enjeux de la société», déclarent les futures professeures qui remercient Frank Poule, le Tremplin 16-30 et Alexandre Poulin pour leur implication.
Le duo se partagera une bourse de 1000 $ et participera à une activité de reconnaissance à l'Assemblée nationale de Québec. Elles ont été retenues parmi 14 candidatures de jeunes de l'Estrie qui s'impliquent dans leur milieu. «J'étais vraiment impressionnée par les autres personnes dont la candidature avait été retenue. Lors de la soirée de remise de prix, je les regardais en me disant : j'espère que les élèves à qui j'enseigne aujourd'hui deviendront des adultes comme eux «, confie Éliane.
Les lauréates n'en sont pas à leur première implication bénévole. Elles ont participé à la création de la rencontre des étudiants pour une Formation Alternative et Continue (réFAC), une association d'étudiants de l'UdeS qui organise des conférences sur des sujets en lien avec le milieu de l'éducation.
Mylène Archambault et Éliane Landriault ont impressionné le jury du concours par les retombées et les impacts de leurs nombreuses implications pour leur communauté. Elles ont fait preuve de persévérance, de créativité et d'audace afin de mener à bien leurs projets par et pour les jeunes.
Le concours annuel Je prends ma place rend hommage à des jeunes de 18 à 35 ans qui participent au développement de leur communauté.