Les familles de victimes de l'amiante s'opposent à la relance de la mine Jeffrey

Les familles de travailleurs morts de maladies associées à l'amiante font une... (Archives La Tribune)

Agrandir

Archives La Tribune

La Tribune

(TORONTO) Les familles de travailleurs morts de maladies associées à l'amiante font une ultime tentative pour bloquer un projet qui mènerait à la relance de mine Jeffrey d'Asbestos.

Quelques familles se sont associées à d'autres opposants à l'industrie de l'amiante dans le cadre d'une campagne qui, espèrent-ils, incitera le gouvernement du Québec à refuser une garantie de prêt de 58 M $ pour le promoteur de la mine Jeffrey, à Asbestos. Le sort de la mine demeure incertain, tant que Québec n'aura pas pris sa décision.

La date limite a déjà été repoussée à de nombreuses reprises. Québec espère maintenant être en mesure d'annoncer ses couleurs d'ici les vacances des Fêtes.

«La dernière volonté de ma mère était que nous cessions l'exportation d'amiante vers les pays en développement», a déclaré hier Heidi Von Palleske, qui vit à Cobourg. L'actrice a perdu ses deux parents, morts de mésothéliome, un cancer rare causé par l'exposition à l'amiante.

Les opposants au projet Jeffrey, dont des dizaines de médecins et plusieurs associations médicales, affirment que l'amiante a causé des cancers dans des pays pauvres où le Canada l'exporte. Les partisans de l'industrie prétendent que l'amiante peut être manipulé de façon sécuritaire et a été injustement démonisé par ses opposants.

L'homme qui tente de relancer la mine, l'homme d'affaires montréalais Baljit Chadha, a lancé une série de campagnes de relations publiques plus tôt cette année pour contrer ce qu'il qualifie de désinformation sur l'amiante.

Hier, le maire de Sarnia, Mike Bradley, lui a envoyé une lettre dans laquelle il le presse de visiter cette ville du sud-ouest ontarien et de «rencontrer en personne ceux qui ont été victimes de l'exposition mortelle». Il s'agit de la deuxième invitation lancée par le maire, explique-t-il dans la lettre.

Plusieurs habitants sont morts de cancers liés à l'amiante dans cette région surnommée la «Chemical Valley» à cause de sa concentration d'industries et d'usines, plusieurs d'entre elles ayant été isolées à l'amiante dans les années 1950, 1960 et 1970.

Au-delà de leur objectif immédiat de bloquer la relance de la mine, les familles demandent au gouvernement d'interdire purement et simplement l'amiante.

L'utilisation de l'amiante est étroitement encadrée au Canada, où des millions de dollars ont déjà été dépensés pour retirer soigneusement la fibre utilisée dans la construction d'écoles, de résidences et même d'édifices du parlement à Ottawa.

Le gouvernement Harper a aussi été vertement critiqué pour avoir contribué aux efforts qui ont empêché l'amiante d'être ajouté, en juin, à la liste des Nations unies sur les produits chimiques dangereux.

L'Organisation mondiale de la santé estime qu'environ 100 000 personnes meurent chaque année de maladies liées à l'amiante.

Partager

lapresse.ca vous suggère

  • Asbestos n'aura pas son cadeau pour Noël

    Économie

    Asbestos n'aura pas son cadeau pour Noël

    L'annonce officielle de la relance de la mine de chrysotile Jeffrey à Asbestos ne sera vraisemblablement pas confirmée d'ici Noël, comme l'avait... »

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer