Des petites compagnies de téléphone menacées

L'avenir de neuf compagnies de téléphone rurales est menacé par une décision du... (Archives La Tribune, Frédéric Côté)

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Archives La Tribune, Frédéric Côté

Caroline Bouchard
La Tribune

(Valcourt) L'avenir de neuf compagnies de téléphone rurales est menacé par une décision du Conseil canadien de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC). Cette décision permet aux grands joueurs des télécommunications de les concurrencer sur leurs territoires respectifs, ce qui pourrait mener à une réduction des services offerts en milieu rural, où il est plus dispendieux de bâtir un réseau.

Ces neuf petites compagnies, dont Cooptel, Courcelles et Lambton en Estrie, sont réunies au sein de l'Association des compagnies de téléphone du Québec (ACTQ) et desservent environ 50 000 clients. Malgré cette décision du CRTC, elles conservent l'obligation de continuer d'offrir les services à tous les abonnés de leur territoire, y compris en milieu rural.

« Ils voudraient nous faire mourir, et ils ne s'y prendraient pas autrement. Le CRTC nous a dit qu'au Canada, les compagnies touchées par cette décision ne représentent pas 2 % du marché. Et pour eux, 2 %, c'est négligeable », rapporte Patrice Dupont, président de Cooptel, qui dessert environ 5000 abonnés dans la région de Valcourt.

Chez Cooptel, on s'attend à ce que la concurrence délaisse les zones rurales plus éloignées. Les câblodistributeurs pourraient aussi baisser le prix de la téléphonie et compenser dans le prix des forfaits comprenant trois services.

« On s'était préparés en commençant à vendre le service de télévision sur le territoire qu'on desservait déjà avec la téléphonie et l'Internet pour se protéger des offres trios des concurrents. Cogeco est déjà installée à Valcourt. On a peur qu'ils viennent nous concurrencer de façon indue en réduisant les prix à leur guise, car nous, on est obligés de maintenir nos prix pour la téléphonie. On va perdre des clients, c'est certain «, entrevoit Patrice Dupont.

Il n'y a pas que la clientèle qui risque de passer aux mains des plus gros joueurs. M. Dupont craint avant tout de perdre ses employés, qui sont actuellement une quarantaine.

« S'ils veulent nous écraser, ils vont le faire. La meilleure façon serait d'aller chercher nos employés. S'ils se font offrir des emplois en or ailleurs, on ne pourra même pas les blâmer », ajoute Patrice Dupont.

De plus, les compagnies comptant plus de 3000 abonnés se verront dans l'obligation de payer elles-mêmes les frais d'arrimage entre le réseau du concurrent et le leur.

« Le coût serait d'environ 250 000 $ ou 300 000 $. Ça, c'est juste pour qu'ils puissent nous prendre des clients, ça ne nous donnera rien de plus! La téléphonie est subventionnée par le fédéral pour permettre à tous d'obtenir le même service. On reçoit actuellement 5 $ de la ligne, et ça va tomber à zéro d'ici trois ans. Pour 5000 lignes, ça représente 300 000 $ par année qui partent aussi », s'indigne M. Dupont.

 

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