Sa vie, sur scène

Anthony Kavanagh... (La Presse)

Agrandir

Anthony Kavanagh

La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Près de 15 ans après s'être installé en Europe, Anthony Kavanagh annonçait au printemps qu'il revenait vivre chez lui, au Québec, avec sa petite famille. Dès cet automne, il présentera son spectacle Showman... simultanément avec la France, où il retournera (à toutes les deux semaines) terminer une tournée, jusqu'en février. Entre des spectacles sur deux continents, et plusieurs boîtes de déménagement à défaire, Anthony a heureusement trouvé le temps de nous accorder un entretien.

Qu'est-ce qui t'a décidé à revenir t'installer au Québec?

Ça faisait plusieurs années que je voulais rentrer, j'avais envie de revenir chez nous. Déjà, on avait quitté la France, et on vivait en Suisse (d'où est originaire sa femme, ndlr) depuis trois ans et demi (...). J'avais quitté Paris, car je trouvais que l'ambiance était lourde... et je n'aimais pas où les choses se dirigeaient, socialement. Il y avait de la tension, et de plus en plus d'agressivité.

La Suisse, c'est formidable pour plein de raisons, mais je voulais que mon fils et ma fille (7 ans et 1 an) connaissent le pays où j'ai grandi, et « apprennent » la mentalité nord-américaine.

Vois-tu ça comme un « risque » pour ta carrière en France, et dans la francophonie, de revenir ici?

C'est sûr que c'est un risque. En même temps, c'est bien de se faire rare, un peu.

Je voulais aussi revenir pour faire une vraie tournée complète, comme n'importe quel autre humoriste québécois, pas seulement quelques spectacles, comme j'ai fait les dernières fois. C'est un vrai besoin, un besoin profond.

Et je veux refaire de l'humour en anglais. Et je le fais en toute humilité : est-ce que je peux encore faire rire en anglais, est-ce que j'ai encore ce qu'il faut? Et est-ce que j'ai encore l'énergie pour recommencer dans une autre langue? On verra bien.

Vois-tu une grande différence entre le milieu de l'humour ici et en France?

Les humoristes sont les chouchous au Québec, beaucoup plus qu'en France, où il y a un certain snobisme du milieu, on voit l'humour comme un art moins « important » que le théâtre ou le cinéma, par exemple. Depuis que je suis en rodage au Québec, c'est plein, les gens viennent me voir, me dire qu'ils sont contents de me revoir, et ça m'émeut beaucoup. La chaleur des Québécois m'émeut.

Parle-moi un peu de ce nouveau spectacle, Showman...

C'est un hommage à la vie, c'est aussi de la «psycomédie» en même temps. Je meurs à la fin d'un show, et je suis dans une salle d'attente, après ma mort, avec les gens du public, qui sont des âmes qui vont bientôt s'incarner. Et je leur dis «voici ce qui vous attend, je vais vous raconter ce qui m'est arrivé à moi»... et je leur raconte ma vie. Je parle du métier, des émotions, de la famille, des étapes de la vie, en me basant sur ma propre vie. C'est un show d'humour et d'amour. C'est l'homme et l'artiste qui se rejoignent : autant l'artiste a besoin de s'exprimer dans la vie, autant l'homme a besoin de s'exprimer sur scène. Je suis particulièrement fier de ce show-là. Je peux aussi être sérieux et émouvant sur scène, pas être seulement celui qui a des gros cheveux et qui saute partout, qui fait des gags et des bruitages.

Tu as quitté la France car tu trouvais l'ambiance lourde, notamment en raison des tensions raciales... et tu reviens ici au moment même où on vit une certaine montée de l'extrême droite. Comment vois-tu ça?

Ça me surprend de voir qu'il y a ce genre de groupe au Québec, et je trouve ça bizarre que ça puisse exister ailleurs qu'à Montréal, qui est le seul endroit cosmopolite au Québec. En même temps, il y a une grande vague d'immigration au Québec, depuis une quinzaine d'année. Et même si les gens sont très accueillants et tolérants, certains sont déstabilisés par ça. Mais ça nous amène une grande richesse cette immigration, il ne faut jamais l'oublier.

Vous voulez y aller?

Showman

Anthony Kavanagh

Vendredi et samedi, 15 et 16 septembre, 20h30

Vieux Clocher de Magog

Entrée: 40$




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer