Un choeur queer en gestation

Gabrielle Chabot, cofondatrice, et Daniel Laplante, cofondateur et... (Spectre Média, René Marquis)

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Gabrielle Chabot, cofondatrice, et Daniel Laplante, cofondateur et chef de choeur, ont lancé la gestation d'un nouveau choeur LGBTAQ+.

Spectre Média, René Marquis

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(SHERBROOKE) Des choeurs gais, lesbiens, mixtes (avec gais et lesbiennes) ou queer (mélangeant toutes les orientations autres qu'hétérosexuelles), il y en a un peu partout au Canada et dans le reste du monde. Mais pas à Sherbrooke. Daniel Laplante et Gabrielle Chabot comptent toutefois combler cette lacune, en lançant le processus de fondation du Choeur Queer.

« En fait, je pense que la demande pour un tel choeur pourrait apparaître si nous l'offrons », résume Daniel Laplante, qui s'empresse de préciser que l'entreprise est tout à fait bénévole.

Musicien de formation (il joue du piano, de l'orgue et du clavecin), pédagogue musical et chef du choeur Florilège pendant un an, Daniel Laplante a aussi fondé une chorale dans une résidence pour personnes âgées l'an dernier. « J'ai vu ce que représentait de monter une chorale de A à Z et j'ai eu envie de répéter l'expérience pour une cause qui me tenait à coeur. »

Avec le Choeur Queer, Daniel et Gabrielle souhaitent donner à toute personne gaie, lesbienne, transgenre, bisexuelle, asexuelle, queer ou d'autre orientation une visibilité dans le milieu choral (cela reste quelque chose hors norme, dit Daniel) ainsi qu'un espace pour être telle qu'elle est, sans avoir à entendre des « choses plates », qui peuvent parfois être exprimées par des personnes qui n'ont aucun préjugé, mais font preuve de maladresse.

« Par exemple, si quelqu'un vient me voir tout gentiment pour me dire qu'il me soutient, ça va quand même me faire sentir à part. Ça vient d'une bonne intention, mais ça peut être achalant. J'avais envie d'un milieu inclusif où les gens pourraient profiter des bienfaits du chant choral en étant à l'aise. Il y aura un peu de sensibilisation qui se fera par le fait même », explique-t-il.

Chansons sans genre

Daniel Laplante compte aussi choisir un répertoire choral qui fera écho aux réalités des personnes LGBTQA et autres. Mais cela ne veut pas dire qu'une chanson d'amour s'adressant à une femme sera interprétée par une femme, et vice-versa.

« Au contraire, l'idée est d'essayer de sortir de l'hétéronormativité. Il y a toutes sortes d'orientations qui n'entrent pas dans les cases actuelles, lesquelles ne laissent aucune latitude. Alors même si on inverse les rôles dans une chanson à la Roméo et Juliette, cela reste une chanson genrée. On voudrait éviter ça. On peut penser toutefois à des textes sur la prise de pouvoir, par exemple, ou à toute oeuvre que l'on peut rattacher à la réalité LGBT », expliquent Gabrielle et Daniel.

Une dizaine de personnes ont déjà manifesté leur intérêt pour le Choeur Queer, mais il est trop tôt pour dire de quoi seront faits les spectacles. « Est-ce que ce sera un choeur à deux, trois, quatre voix? Tout dépendra ce que les choristes seront capables de faire. Nous allons nous adapter à eux », résume Gabrielle.

Peut se joindre au nouveau choeur toute personne LGBTQA+ ayant un minimum d'oreille musicale, savoir lire la musique n'étant pas obligatoire. Il n'y a pas d'audition individuelle. Une contribution volontaire de 60 $ pour l'automne est suggérée. Les répétitions auront lieu le mardi soir, à partir du 12 septembre.

Daniel et Gabrielle seront également présents lors de l'événement Fière la fête, du 24 au 26 août, au Marché de la gare et au centre-ville de Sherbrooke, pour parler de leur projet et, l'espèrent-ils, recruter de nouveaux choristes. Une page Facebook existe aussi pour en savoir plus.




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