Éric Salvail : le public d'abord

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Éric Salvail et les fantastiques lors de l'annonce du passage de l'émission à Rouge FM

La Presse

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Karine Tremblay
La Tribune

(Sherbrooke) On a l'impression qu'il n'arrête jamais. Entre l'émission du retour qu'il chapeaute à la radio et le quotidien rendez-vous de fin de soirée qu'il pilote à V, Éric Salvail trouve aussi le temps de multiplier les projets au sein de la boîte de production qu'il a fondée en 2013. L'an dernier, on le voyait autant dans des pubs de Metro que derrière les chaudrons et les shooters de ses Recettes pompettes. Qu'est-ce que l'infatigable animateur met dans ses smoothies pour arriver à mener deux quotidiennes de front en brassant des affaires?

« En fait, je sais m'arrêter. L'automne, l'hiver, je suis entièrement là, mon agenda est réglé au quart de tour, mais l'été, je prends une pause. Je viens d'enfiler cinq semaines de vacances, justement. Je suis parti deux semaines en Europe et je me suis reposé à mon chalet, en Estrie. »

Il y a bien eu quelques coups de fil pour jaser des émissions qu'il produit. Une couple de courriels échangés pour fignoler des projets, aussi. Mais sinon, l'animateur et entrepreneur a savouré ce temps hors du radar médiatique. La pause, nécessaire pour recharger les batteries, est aussi une façon pour Salvail d'éviter la surexposition en sortant, un temps, de l'oeil public.

« Je ne veux pas que les gens se lassent de me voir, alors je leur donne un break. J'ai une réflexion là-dessus, je suis prudent. Je lis tout ce qui se passe sur les réseaux sociaux, je suis très à l'affût des commentaires du monde. Il a déjà été question qu'on rediffuse les épisodes d'En mode Salvail pendant l'été et je me suis toujours opposé à ça. Je veux que les gens s'ennuient un peu. »

La retraite estivale du maestro du micro tire à sa fin. Éric Salvail revient à l'avant-scène lundi. Il regagne sa chaise d'animateur radio et retrouve ses 15 fantastiques, dont font partie Antoine Vézina, Pierre Hébert, Mélanie Maynard, Phil Roy, Anne-Élisabeth Bossé et Virginie Fortin, notamment. Même concept, même équipe, même musique d'ouverture. Lorsqu'il ouvrira sa console à 16 heures, tout sera pareil à un détail près : la populaire émission réseau dont il tient les commandes depuis deux ans sur les ondes d'Énergie change d'antenne et passe à Rouge. C'est une station soeur, soit. Mais qui ne s'adresse pas nécessairement au même public. Déménager une formule qui a fait ses preuves sur un autre fuseau radio, c'est plutôt inhabituel.

« C'est assez audacieux, oui. Mais j'ai posé mes conditions. Et à Rouge, ils m'ont convaincu. On ne commencera pas à donner des recettes de gâteau aux bananes en ondes : notre show va rester le même. Éric et les fantastiques garde le même ton qu'avant, on ne se dénature pas et on ne s'assagit pas non plus. On ne se gênera pas pour dire tout ce qui nous passe par la tête, comme avant, et on s'adressera encore aux adultes de 35-40 ans. Imaginez un peu Mike Ward à Rouge : c'est sûr que ça défrise, c'est pas Marie-Claude Barrette... On va être diffusé dans une station qui se renouvelle complètement, qui va rejoindre un auditoire plus jeune en proposant un nouveau son et une musique plus actuelle. Ce n'est pas que ce n'était pas bon avant, c'est juste qu'on va offrir autre chose. C'est un beau virage et ce n'est pas tous les jours qu'on a la chance de faire partie d'une démarche comme celle-là, de relever défi pareil. »

Le goût du risque

Un mot et tout est là, tout est dit : défi. Salvail n'a pas peur de foncer et de se réinventer, d'aller là où on ne l'attendait pas nécessairement, même dans le merveilleux monde du cinéma (on se souvient - ou pas tant que ça, finalement - du film Hot Dog).

« Au fil de ma carrière, je me suis parfois mis un peu à risque et ça a souvent été payant. Je pense par exemple à l'année où je me suis retrouvé aux commandes du Gala des MétroStar pour la première fois. C'était à l'époque d'Occupation double, que j'animais. Je n'avais jamais fait de direct ni d'émissions culturelles et je me retrouvais pendant trois heures devant un parterre de gens qui me jugeaient parce que, la téléréalité, c'était alors un peu vu comme le yable dans la bergerie. »

Plus récemment, il y a aussi ce choix qu'il a fait de quitter l'empire TVA pour joindre les rangs de V. Un plongeon périlleux qui s'est avéré heureux. En mai dernier, la tête d'affiche de la chaîne généraliste remportait même le trophée Artis de la Personnalité masculine de l'année.

« Ça, c'était quelque chose! J'étais très ému. C'était ma 12e statuette Artis, mais ma première comme personnalité de l'année et elle voulait dire beaucoup. Pour moi, c'est une grande victoire. Quand on anime sur la troisième chaîne généraliste, avec des cotes d'écoute qui ne sont pas de l'ordre des deux millions, gagner ça, c'est révélateur de l'amour du public. Que les gens aient pris le temps de voter pour moi, ça me touche énormément. »

Ça le touche d'autant plus que le public est au coeur de ses préoccupations. Tout le temps. Une façon de voir et de faire qui lui vient de ses débuts dans le métier, alors qu'il était animateur de foule sur différents plateaux.

En mode « public »

« À l'époque, j'ai travaillé avec tout le monde : Claude Meunier, Marc Labrèche, Patrice L'Écuyer, Sonia Benezra, Julie Snyder... C'est une école que peu de gens ont la chance de fréquenter. Je suis peut-être construit du meilleur et du moins bon de tous ces pros que j'ai vus à l'oeuvre. Mais la principale chose que je retiens de ces années-là, c'est la proximité que j'avais avec le public. Ça a semé quelque chose. Je suis né dans le public. J'avais le pouls du monde avant de faire carrière comme animateur. Aujourd'hui, je me place constamment dans la peau du public. C'est ce qui fait le filtre de toutes mes décisions », indique celui qui, après chaque enregistrement d'En mode Salvail, prend la peine et le temps d'aller à la rencontre de l'assistance pour signer des autographes et prendre des photos.

« Mon équipe le sait, c'est obligatoire, on est là aussi longtemps qu'il y a du monde. Les gens réservent leur place des mois à l'avance, sans savoir qui seront les invités sur le plateau. Ils viennent pour mon talk-show, et la moindre des choses, c'est qu'ils puissent me rencontrer s'ils le souhaitent. Et moi, j'ai du fun avec le monde. Ça ne me dérange pas qu'on m'arrête dans la rue pour jaser, ça fait partie du boulot, je suis à l'aise là-dedans. »

C'est un peu pour les mêmes raisons qu'il multiplie les tournages aux quatre coins de la province pour ses topos d'En mode Salvail. Dans les endroits les plus improbables, parfois.

« Je m'en vais bientôt tourner dans un camp naturiste, justement. Je ne sais pas trop comment tout ça va se dérouler, mais je sais qu'au bout de trois heures, je vais avoir un topo. Pendant l'été, j'en profite pour aller voir le monde chez eux. On est allé tourner à Gatineau autant qu'à Rimouski, dans différents événements. Cette émission-là me permet de faire toutes sortes d'affaires. Vraiment, c'est un terrain de jeu extraordinaire. Jusqu'à maintenant, on a reçu pas mal tout le monde du bottin de l'Union des artistes. Il nous reste Céline Dion. On espère réussir à l'amener sur notre plateau lors de son prochain passage. On est probablement le seul show où elle n'est pas allée encore, à part, peut-être, Décore ta vie. »

Rire de soi

À la radio comme à la télé, lorsqu'il accorde une entrevue comme lorsqu'il mène un entretien, l'animateur multiplie les traits d'humour. Rien, vraiment, ne le déstabilise?

« Je reste rarement sans mot, je dois être né avec un grand sens de la répartie. Ou, en tout cas, je l'ai développé! En entrevue, je joue pas mal avec l'autodérision, je fais beaucoup de blagues sur moi-même. C'est sans doute ce qui me permet de marcher sur la ligne dans mon talk-show. Comme je ne me prends pas au sérieux, les invités voient le second degré de la patente et ils embarquent. »

La limite qu'il s'impose, le pas qu'il évite de franchir concerne la vie privée de ses interviewés.

« Si vous venez à mon show et que vous avez déjà annoncé une nouvelle personnelle dans un autre média ou dans un communiqué, c'est sûr que je vais vous en parler. Mais si c'est quelque chose du domaine privé qui n'a pas été abordé ailleurs, je n'irai pas sur ce terrain-là. C'est une question de respect. C'est ça qui trace la ligne, au fond. »

Trente-cinq minutes de jasette top chrono, c'est aussi ce qui trace la ligne de notre entretien téléphonique. Éric est attendu ailleurs dans la prochaine demi-heure. Entre une réunion, un tournage prévu le lendemain pour le Gala des Gémeaux et un passage à la Coupe Rogers le soir même, son agenda est rempli au bouchon. Pas de doute : la pause d'été est vraiment terminée, Salvail passe en mode travail.

Marina Orsini a visité Éric Salvail aux Recettes... (V.) - image 2.0

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Marina Orsini a visité Éric Salvail aux Recettes pompettes.

V.

Éric Salvail à propos...

De la radio

« C'est un média que j'adore. On ne peut pas mentir en ondes. Je dis toujours aux gens que s'ils veulent me connaître, ils n'ont qu'à m'écouter à la radio. C'est là où on se révèle le plus. Éric et les fantastiques, c'est un concept que j'adore. Je suis comme un poisson dans l'eau dans cette émission-là. Je suis en confiance avec chacun des 15 fantastiques. Le fait qu'un trio différent m'accompagne en studio chaque jour fait en sorte qu'on ne sait pas à quoi s'attendre, la dynamique change tous les jours et ce n'est jamais ennuyant. Dans ce show-là, comme on raccompagne les gens en fin de journée, on est dans leur quotidien, on est près du monde. On ouvre les lignes, on se branche à ce qui fait l'actualité, on partage aussi ce qu'on vit, on va dans toutes sortes d'émotions, on a même déjà pleuré en studio! En ondes, on est complètement nous-mêmes et on a une grande transparence. Je pense que cette authenticité-là plaît aux gens. »

Des Recettes pompettes

On nage en plein mystère : rien n'a encore été annoncé quant au retour, ou pas, de l'émission au taux d'alcoolémie élevé. « Et je ne peux pas vous en dire plus pour l'instant, on n'est pas rendu là. »

De Salvail & Co

« Je pense que j'ai toujours eu une fibre entrepreneuriale. Comme animateur de foule, c'est comme ça que je me suis démarqué. J'avais lancé un type de compagnie qui est courant aujourd'hui, mais qui n'existait pas à l'époque : du "booking de public". J'arrivais avec la foule et je l'animais, ce qui fait que les producteurs n'avaient pas à se soucier de cet aspect-là. C'est comme ça que je me suis fait engager partout. Ma personnalité a fait le reste, ensuite. La compagnie Salvail & Co, je l'ai d'abord créée pour produire les projets sur lesquels je travaillais, pour la liberté que ça me donnait. L'idée a germé pendant Occupation double. On faisait le boulot de la production, finalement, mais on n'avait pas le titre. On s'est lancé sans mesurer toute la somme de travail que ça représentait, mais je suis vraiment content d'avoir fait ce grand saut-là. Maintenant, on produit différents projets, certains que je n'anime pas (Coup de foudre, Les échangistes, Mariepier!, etc.). Je suis le seul actionnaire de mon entreprise, mais je suis entouré d'une équipe vraiment exceptionnelle. On a beaucoup de projets en chantier, il y aura des annonces cet automne, fort probablement. »

Du Gala des prix Gémeaux

(qu'il coanimera avec Jean-Philippe Wauthier pour une deuxième année, le 17 septembre)

« C'est un bonheur sans nom d'animer ça, parce que c'est la fête de la télé et moi, de la télé, j'en mange depuis que je suis tout petit. C'est un gala qui me sied bien. Et avec Jean-Philippe, c'est formidable, on s'entend bien, on a un humour qui se ressemble. »




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