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Louis-Jean Cormier : en attendant la sabbatique...

Encore une dizaine de dates de sa tournée en solo Les passages... (La Tribune archives, Julien Chamberland)

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La Tribune archives, Julien Chamberland

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sherbrooke) Encore une dizaine de dates de sa tournée en solo Les passages secrets. Ensuite une « pas pire grosse tournée » en novembre de l'autre côté de l'Atlantique. À travers tout ça, l'enregistrement de Microphone, que Télé-Québec a renouvelé pour quatre épisodes de plus (soit huit au total) pour le printemps de 2018. Puis Louis-Jean Cormier pourra s'offrir, dès Noël, la sabbatique qu'il a planifiée depuis quelque temps.

« En fait, la sabbatique est un peu difficile à prendre, à cause de certains contrats avec des producteurs en France. Quand tu signes avec ces gens-là, il faut quand même que tu leur donnes une partie de ton calendrier. J'ai donc le projet d'aller en France, autant pour créer que pour honorer ces contrats. Mais ça ne me dérangera pas. L'important, c'était surtout de me retirer de la vie publique et de tournée au Québec. Je n'ai pas pris de pause depuis la fin de Karkwa. Ça va me donner le temps d'écrire, de voyager, de me reposer et de voir mes enfants. Parce que ça passe vite, le temps, quand on fait des tournées! »

Durant cette période, Louis-Jean Cormier n'aura pas besoin de fermer le studio Dandurand, qu'il a ouvert depuis un an. Son batteur Marc-André Larocque et son bassiste Guillaume Chartrain sont partenaires avec lui dans l'aventure.

« Le studio roule tout seul aujourd'hui. Nous l'avons créé de toutes pièces, en nous demandant si cela allait marcher, s'il y aurait de la vie. Finalement, c'est parti super vite. Les gens sont très contents de venir travailler ici », raconte celui qui, pour l'entrevue téléphonique, a justement pris une pause d'une séance de guitare destinée au prochain disque de David Portelance.

On ne peut pas dire toutefois que les temps étaient propices à un tel projet, reconnaît-il. « C'est une époque tough : les budgets de production baissent, les ventes d'albums chutent... Mais on s'est dit tous les trois qu'on voudrait toujours faire ça dans notre vie, alors autant y aller au moment où on avait le temps et les sous. Et on s'est installé dans ce qui est, en ce moment, le coeur du quartier général des musiciens québécois, à La Traque, dans le quartier Rosemont. Tout le monde gravite déjà autour. »

C'est justement au Dandurand que sont captées les scènes de studio de Microphone (la partie spectacle est enregistrée à l'Olympia). Deux des nouvelles émissions ont été mises en boîte en juin. Deux autres le seront le week-end prochain. Louis-Jean promet une formule légèrement améliorée de ce documentaire-variétés où il s'amuse à refaire l'habillage des chansons de ses trois artistes invités.

« C'est tellement le fun à faire! Ça me demande beaucoup de temps de jonglage sur le choix des chansons et des artistes, puis sur la façon de réarranger les pièces... C'est pratiquement de la direction artistique! Mais une fois que la machine est partie, ça devient plus stimulant qu'exigeant. Je peux te dire qu'il y a de super beaux trios qui s'en viennent. Mais j'aime autant le côté musical de cette émission que le bla-bla des invités dont le public devient témoin. »

Secret passage

Le spectacle Les passages secrets n'aurait pas vu le jour si cela n'avait été de... Richard Séguin, qui a fait jouer Louis-Jean tout seul à Saint-Venant, en septembre 2015, pour un événement-bénéfice.

« Effectivement, c'est lui, le coupable! J'ai fait 90 minutes en solo et j'ai eu la piqûre. Je n'avais jamais vécu le feeling de mener un show tout seul, ni ce contact si intime avec le public. Les commentaires des gens sont très intéressants : il y a les fans qui viennent découvrir mes chansons d'une autre manière ou mon côté plus musicien, mais il y a aussi les spectateurs qui étaient peut-être plus frileux à venir voir le Louis-Jean qui brasse plus. Comme si ça consolidait plusieurs publics différents. »

« Mais on est loin d'un spectacle de chansonnier, poursuit-il. C'est même plus rock, plus costaud qu'on pourrait s'imaginer. Il y a un petit côté homme-orchestre. Je n'utilise aucune bande sonore, aucun échantillonnage. »

Son « spectacle-baluchon » est aussi agrémenté de projections signées Mathieu Roy. « Mathieu s'est vraiment surpassé! C'est le kit d'éclairage le plus impressionnant que j'ai jamais eu. Mais il rentre dans toutes les salles, précise-t-il. C'est comme si j'avais l'équipement de Madonna pour un moulin de 120 personnes! »

Sans feu de camp

Pour ceux qui le suivent fidèlement, non, il n'y aura pas de « feu de camp », cette mise en scène à laquelle recourt Louis-Jean dans ses spectacles solos, mais aussi dans Microphone, en clôture d'émission. Le « feu de camp », c'est lorsque le chanteur et ses musiciens (ou ses invités) se retrouvent tout autour d'un seul micro. Avec les Douze hommes rapaillés, un éclairage venant du sol accentuait l'impression de flamme. D'autres artistes ont repris la formule, tels Pierre Lapointe et Alex Nevsky. Certains le font même sans aucune amplification et s'installent au sein des spectateurs.

« J'ai vu cette formule dans des prestations d'artistes américains, surtout chez ceux qui font du country bluegrass. Je me rappelle un spectacle organisé par les frères Coen, tout de suite après la sortie du film O Brother Where Are Thou. L'ensemble des chansons du film avait été joué, avec T-Bone Burnett et plusieurs autres artistes, autour d'un gros micro. C'était vraiment fascinant de voir ça! »

« Ce qui est beau de cette pratique-là, c'est que ça fait automatiquement baisser le plancher sonore : les gens arrêtent de parler et deviennent plus attentifs, parce que le volume vient de diminuer. Mais le micro est ultrasensible, il capte tout. Alors la chanson s'adoucit et les applaudissements s'amplifient. Et comme il n'y a qu'une seule source sonore, les artistes doivent se mixer eux-mêmes, naturellement, en s'avançant ou en se reculant. On n'a pas le choix de s'écouter. Ça crée un moment hypermagique. »

Vous voulez y aller ?

Les passages secrets

Louis-Jean Cormier

Dimanche 13 août, 20 h 30

Vieux Clocher de Magog

Entrée : 38 $




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