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Ricardo Blanchette rétabli grâce au Circuit

Malgré un AVC subi en mars dernier, l'artiste... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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Malgré un AVC subi en mars dernier, l'artiste Ricardo Blanchette a tout fait pour ne pas rater la 24e édition du Circuit des arts Memphrémagog. Sa passion pour la création l'a finalement aidé à se rétablir plus vite, estime-t-il.

Spectre Média, Jessica Garneau

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Magog) Un événement comme le Circuit des arts Memphrémagog, on s'en doute, fait un grand bien aux artistes qui y participent. Rencontrer le public et discuter de sa passion, dans son propre lieu de création, est une expérience extrêmement gratifiante, bien au-delà de la recherche de clients potentiels. Les bénéfices de ce contact avec les gens ont même parfois une ampleur insoupçonnée.

C'est le cas de Ricardo Blanchette, qui accueille les visiteurs chez lui chaque été depuis 2001... et qui a bien failli ne pas être au rendez-vous cette année. Le 2 mars dernier, le Magogois s'est retrouvé à l'hôpital, victime d'un accident vasculaire cérébral très sérieux. Mais presque rien n'y paraît aujourd'hui, à peine une hésitation dans l'élocution. Cet étonnant rétablissement, l'artiste l'attribue en partie à son désir de ne pas rater la 24e édition.

« Déjà que l'AVC m'a plongé dans un état dépressif... Ma dépression aurait sûrement été deux fois plus longue sans le Circuit des arts », estime Ricardo Blanchette, qui s'est aussi retrouvé, entre autres séquelles, avec des tremblements des mains, des pertes de mémoire, des problèmes de concentration et une intolérance aux bruits trop forts, ce qui l'empêchait de se servir de ses outils.

Mais pour cet artisan qui recrée des meubles de facture ancienne à partir de matériaux récupérés, l'idée de ne plus être capable de reprendre ses activités normales était tout simplement insupportable.

« J'ai quand même été chanceux, car il y a des gens qui restent paralysés. Moi, j'ai été hospitalisé cinq jours et j'ai été en convalescence jusqu'à la fin de mai », rapporte l'homme de 61 ans, qui s'est alors remis à la création, fermement décidé à être dans le dépliant 2017 du Circuit des arts Memphrémagog.

Aujourd'hui, Ricardo Blanchette considère que cet objectif qu'il s'était fixé a accéléré son rétablissement. Reprendre ses outils lui a permis de moins ruminer de mauvaises pensées et de se concentrer sur sa passion.

« J'aime tellement ce que je fais! Et j'ai travaillé fort, parfois jusqu'à minuit, pour être prêt à temps. Mais je dormais mieux », dit-il.

Son médecin l'a aussi encouragé dans cette voie. « Il m'a dit que je devais revivre, reprendre mes activités et écouter mon corps. »

En effet, Ricardo Blanchette ne sera jamais totalement guéri de son AVC. Il doit maintenant prendre des médicaments jusqu'à la fin de ses jours. Mais il apprend à composer avec ses nouvelles limites. « Je dois accepter de travailler moins vite. Lorsque je tremble trop, je m'arrête et je fais une pause. Je ne serais pas capable d'enfiler une aiguille, mais j'ai développé d'autres techniques », confie-t-il.

Vieux bois

La plupart des gens qui découvrent l'oeuvre de Ricardo Blanchette pensent d'abord qu'il restaure de vieux meubles. Erreur! Il les fabrique de toutes pièces. C'est le bois qu'il utilise qui est vieux. « Ça peut être le plancher ou les portes d'une maison centenaire », donne-t-il comme exemple. « C'est ma façon de rendre hommage au Québec passé. C'est important pour moi qu'il y ait un esprit québécois dans mes meubles. »

Mais ces derniers ne sont pas uniquement décoratifs, précise-t-il. « Au contraire, je tiens à ce que les gens s'en servent. »

Chaque pièce est aussi poétiquement baptisée et accompagnée d'un texte explicatif sur sa genèse, dont la provenance des matériaux.

Celui qui, jusqu'en 2001, travaillait en aménagement paysager a pris une année sabbatique lorsque des problèmes de tunnels carpiens l'ont forcé à arrêter.

« J'en ai profité pour essayer cette passion qui me démangeait depuis longtemps. Finalement, je ne suis jamais revenu à mon ancien métier. Et mes problèmes de tunnels carpiens ont disparu. Aujourd'hui, je peux gagner ma vie avec mes créations. Modestement, mais c'est déjà beaucoup. En plus, je travaille chez moi. J'ai fini par développer une clientèle. Certains clients sont devenus des amis. J'en ai même qui sont en train de remeubler entièrement leur maison avec mes créations. »




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