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«Le Grand Bienvenue» de passage à Magog

« Le Grand Bienvenue » est probablement la... (Spectre Média, Marie-Lou Béland)

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« Le Grand Bienvenue » est probablement la création la plus connue de l'artiste magogoise Nicole Taillon.

Spectre Média, Marie-Lou Béland

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Crédit photo : Spectre média : Jessica GarneauJournaliste : Cut Simon Roberge
Simon Roberge
La Tribune

(MAGOG) Une oeuvre bien spéciale est de passage en ce moment dans l'atelier de la sculptrice Nicole Taillon. Le bronze « Le Grand Bienvenue », qu'elle a réalisé il y a plus de 20 ans, effectue un voyage de maintenance dans les Cantons-de-l'Est.

L'oeuvre, exposée dans le Vieux-Québec depuis 1994, a fait les manchettes dernièrement dans la Vieille Capitale. La Caisse Desjardins, qui a commandé la sculpture il y a plus de 20 ans, a vendu son immeuble et déménagera l'oeuvre dans un autre quartier de la ville, une décision qui indigne des citoyens.

Nicole Taillon ne croyait jamais au début des années 1990 que sa création allait avoir une importance si grande dans le paysage de l'un des secteurs touristiques majeurs en Amérique du Nord.

« Les autorités de la ville disent qu'après le château Frontenac, c'est l'oeuvre la plus photographiée du Vieux-Québec, se réjouit-elle. Ça me touche tellement. Il y a plusieurs histoires entourant la sculpture qui me font chaud au coeur. Il y avait une itinérante qui venait chaque jour parler à la sculpture. Elle lui racontait sa journée. C'est sûr qu'il faut que je réalise des ventes pour pouvoir vivre de mon art, mais certaines choses n'ont pas de prix et touchent les gens directement. C'est ma raison de vivre. »

Vingt-trois ans plus tard, « Le Grand Bienvenue » a maintenant besoin d'une cure de jeunesse avant d'être déménagé. La restauration devrait prendre plusieurs semaines.

« Les gens l'aiment beaucoup, lance-t-elle. Certains montent même dessus. Et avec nos hivers et la neige, elle a reçu quelques coups de pelle. J'ai développé une meilleure expertise depuis le temps également. Maintenant pour combattre l'humidité, j'utilise un produit appliqué sur les sous-marins. Ça devrait faire le travail », espère-t-elle, sourire en coin.

La sculpture doit son nom au fou du roi qui souhaite la bienvenue aux gens dans leur royaume.

Atelier ouvert au grand public

La bonne nouvelle pour les amateurs d'art de la région, c'est que la visite du « Grand Bienvenue » coïncide avec l'ouverture de l'atelier de Nicole Taillon pour les prochains jours. C'est seulement la deuxième fois en plus de trente ans qu'elle ouvre son milieu de travail au public.

« Parmi mes amis, Yvon Deschamps et Judy Richard s'impliquent énormément dans la communauté. Je me demandais alors ce que je pouvais faire pour donner au suivant. J'ai participé à la toute première année du Circuit des arts Memphrémagog et 800 personnes avaient visité mon atelier. J'ai décidé de remettre ça. »

Nicole Taillon donne également accès à sa maison ancestrale pour les visiteurs.

« Lorsque Napoléon se battait à Waterloo en 1815, la maison était en train d'être construite. C'est probablement l'une des plus vieilles maisons de Magog. Elle a été construite il y a 200 ans et elle tient encore. Je pense que c'est important de permettre aux gens de la région de la voir. »

Reconnue à sa juste valeur?

Nicole Taillon connaît un énorme succès international. Ses oeuvres se retrouvent aux quatre coins du globe, comme à New York ou Abu Dhabi.

« Beaucoup de mes créations se retrouvent aux États-Unis, explique-t-elle. J'en ai quelques-unes importantes de six ou sept pieds de hauteur à New York, mais c'est presque toujours des commandes privées. »

Malgré tout, Nicole Taillon demeure méconnue en sol québécois.

« Sur la place publique au Québec, parfois je n'ai même pas l'autorisation de proposer mon nom. J'ai pu faire "Le Grand Bienvenue" parce que c'était une commande privée des Caisses Desjardins. Pour l'art public, ils valorisent beaucoup l'art actuel et l'art abstrait. »

« Mais j'ai la chance de pouvoir vivre de mon art et à l'international ça va très bien. »

« J'ai été peintre, comédienne, bref j'ai fait 56 métiers, souligne-t-elle. Quand j'ai commencé à faire de la sculpture, j'ai demandé un signe à la vie. J'avais envoyé une commande dans une fonderie et le prix était de 93 $. La même journée, j'ai gagné 93 $ à la loterie. Le message était clair, c'était ma vocation. »




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