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Écrire une « micrométaphore » comique

Sébastien Dodge a écrit et mis en scène... (Archives, La Presse)

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Sébastien Dodge a écrit et mis en scène la pièce Repas de famille, à l'affiche jusqu'au 26 août au Théâtre des Grands Chênes de Kingsey Falls. Il s'agit de sa première comédie et première pièce pour théâtre d'été.

Archives, La Presse

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

Acteur, metteur en scène et auteur d'une dizaine de pièces de théâtre, Sébastien Dodge n'avait jamais écrit de comédie. Encore moins de comédie pour un théâtre d'été. C'est après qu'un ami lui eut demandé pourquoi il ne tentait pas le coup que l'homme de scène a eu envie de relever le défi. Et « défi » s'est avéré être le mot juste.

« L'humour, c'est tough! J'ai appris quelque chose de presque mathématique : la construction vers un punch, les façons de tenir les gens en haleine par le rire... Je ne dirais pas que c'était plus difficile, chaque création ayant son lot d'obstacles. Même que, pour un gars comme moi qui a l'habitude de produire ses pièces, j'ai été délesté, cette fois-ci, de multiples tâches comme la billetterie, les programmes et le ménage de la salle. J'ai pu me consacrer seulement au texte et à la mise en scène », raconte, en riant, celui qui a proposé Repas de famille à plusieurs producteurs et a séduit ceux du Théâtre des Grands Chênes de Kingsey Falls.

Jean-Bernard Hébert et Jean-Léon Rondeau ont en effet eu envie de faire vivre sur les planches cette histoire d'une tribu aux relations tout sauf harmonieuses, où chacun pense d'abord à soi. Derrière l'humour, Sébastien Dodge explore une thématique qui lui est chère, soit les dérives du néolibéralisme, laquelle comporte plusieurs angles : l'endettement excessif, la consommation à outrance, l'indifférence au bien commun, le mauvais partage des richesses, les conflits entre les générations...

« Pour mon premier théâtre d'été, j'y suis allé avec une situation simple et classique : une réunion de famille qui dégénère. C'est quelque chose de toujours payant. Mais la famille, c'est aussi la base de chaque système économique. C'est une sorte de micrométaphore de ce que je dénonce d'habitude », observe Sébastien Dodge, qui a ainsi pu tâter une première fois de la comédie sans complètement évacuer les raisons qui le poussent à saisir sa plume.

« Je pense que c'est important de respecter qui on est. C'est plat, écrire quelque chose qui ne te ressemble pas. Évidemment, on ne s'attend pas à une satire politique violente en théâtre d'été. Mais, il y a quand même une similitude avec mes autres créations, dans l'énergie, la répartie, les dialogues, les thématiques en filigrane. »

64 meurtres

Dans son avant-dernière pièce, l'auteur a mis en scène 64 meurtres. « J'ai un humour assez violent, concède-t-il, et il y en a dans Repas de famille, mais dans une version beaucoup plus accessible. »

N'empêche, ce ne sont pas tous les personnages qui s'en sortiront vivants... « La bonne nouvelle, c'est qu'au soir de la première, les gens ont trouvé ça drôle. Je pense qu'ils saisissent bien les différents degrés et se laissent entraîner dans la spirale. Je n'avais surtout pas envie que ça crée un froid au beau milieu du spectacle. »

La famille est aussi un thème déjà largement exploité sur le plan dramaturgique, mais Sébastien Dodge n'a pas eu besoin de s'inspirer d'une autre oeuvre phare sur le même thème pour créer Repas de famille. « Je ne suis pas un gros rat de bibliothèque. En fait, j'écris des choses que je ne trouve pas ailleurs (remarque, peut-être parce que je ne cherche pas assez). Dénoncer ce qui n'a pas encore été dénoncé, c'est mon premier moteur pour l'écriture. »

« Mais étrangement, je jouerai en septembre dans une pièce islandaise, Les enfants d'Adam, au Monument-National, et la situation de départ est exactement la même : une femme dont le mari est mort, ses trois enfants (deux soeurs et un frère), son gendre, des chicanes... La seule différence est que c'est la mère (et non une des filles comme dans ma pièce) qui invite les autres. Et j'avais déjà terminé mon texte avant de découvrir la pièce islandaise. Ça montre que le système familial est vraiment quelque chose d'universel. »

On doit aussi à Sébastien Dodge la distribution de cette pièce réunissant notamment Diane Jules, Marie-Soleil Dion, Maxime Tremblay et Louis-Olivier Maufette.

« Quand j'écris, je pense toujours à des acteurs. Cette fois, j'ai songé à des gens qui avaient le sens du punch, qui possédaient la rhétorique comique, avec qui j'avais des affinités. C'est très instinctif. Par exemple, je n'avais jamais travaillé avec Diane Jules, mais je sentais que le personnage de la mère était pour elle. Je n'étais pas inquiet : c'est une super actrice et je ne regrette pas mon choix. »




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