Le chant au temps de la colonie

Dirigés par le chef Andrew McAnerney, les membres... (Pierre Bourgault)

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Dirigés par le chef Andrew McAnerney, les membres du Studio de musique ancienne de Montréal offriront un concert intitulé Chants de Nouvelle-France à l'abbaye Saint-Benoit-du-Lac samedi.

Pierre Bourgault

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(Magog) Un plongeon tout en musique vers les origines du fait français en Amérique. Qui plus est, dans un lieu d'une rare beauté, qui invite au recueillement et à la contemplation. Intitulé Chants de la Nouvelle-France, le concert qu'offrira le Studio de musique ancienne de Montréal à l'abbaye Saint-Benoît-du-Lac pourrait nourrir autant les mélomanes et les amateurs d'histoire que les mordus d'architecture.

Directeur artistique du Studio de musique ancienne de Montréal, Andrew McAnerney avoue attendre avec une certaine impatience le concert à l'abbaye prévu samedi après-midi. « En entrant dans ces lieux, on comprend tout de suite qu'il s'agit d'un milieu de prière vivant. L'expérience de la musique sacrée en est donc bonifiée, et ce, autant pour les spectateurs que pour les artistes. Cet endroit est très particulier et ça vaut vraiment la peine de le visiter le temps d'un concert », affirme M. McAnerney.

Les spectateurs vivront une immersion dans le passé grâce aux oeuvres de chant choral qui seront offertes par l'ensemble. La plupart datent de l'époque de la colonie française. Des messes et des pièces diverses provenant de France, des motets traduits en langue abénakise ainsi que des oeuvres composées en Nouvelle-France seront notamment interprétés.

Puisqu'on prélève dans un répertoire moins connu, le nom des auteurs de quelques-unes des oeuvres du programme paraîtra nouveau, tels des compositeurs comme Henry Du Mont, Jean-Baptiste Geoffroy et Charles-Amador Martin.

« Le programme de la Nouvelle-France a été créé pour les grands anniversaires de cette année. Je pense au 375e de Montréal et au 150e du Canada. À l'abbaye, ce sera la première fois qu'on le présentera dans sa forme actuelle. Mais une version similaire a été livrée à Ottawa le 23 juin dernier » , révèle Andrew McAnerney.

Bien qu'axé principalement sur le chant choral au temps de la colonie française, le concert permettra également d'entendre une oeuvre contemporaine du compositeur québécois Maurice-G. Du Berger et des extraits du Livre d'orgue de Montréal. L'organiste Christophe Gauthier accompagnera l'ensemble.

Amant de l'histoire

Venu s'installer au Québec par amour pour une Québécoise, Andrew McAnerney avoue être épris de musique, mais aussi d'histoire, deux passions « indissociables » dans son cas.

« Dans un musée, vous pouvez être transportés ailleurs par un objet. Moi, ce genre de phénomène m'arrive quand j'écoute de la musique ou que je déchiffre une vieille partition jamais enregistrée. Dans mon esprit, je me retrouve alors aux funérailles d'un pape, dans un carnaval à Venise ou encore au couronnement d'un monarque. On revit ce que les contemporains des oeuvres ont ressenti eux-mêmes à leur écoute. »

Pour avoir accès de façon tangible à des musiques anciennes, il faut habituellement accomplir un travail minutieux et fastidieux, cela parce que les partitions découvertes, dans de nombreux cas, ne « peuvent être interprétées telles quelles ».

« On doit puiser dans les recherches universitaires pour obtenir des éléments essentiels qui vont au-delà des notes, lesquelles sont de toute façon souvent illisibles pour des musiciens modernes. Les recherches permettent donc de moderniser la partition et, du même coup, de déduire le contexte, les voix ou les instruments, tout comme le texte », explique Andrew McAnerney.

Celui-ci souligne à ce sujet que l'auteur de la pièce Ego sum panis vivus, que chantera le Studio samedi, est demeuré inconnu durant un bon moment. « Un grand travail de numérisation a été effectué avec les années et on a finalement été en mesure d'associer le nom de Jean-Baptiste Geoffroy à cette oeuvre », confie-t-il.

Dans la continuité

Ayant pris la relève de Christopher Jackson à la tête du Studio de musique ancienne en 2015, M. McAnerney assure qu'il n'a pas l'intention de transformer de façon importante cet ensemble réputé.

« Je me suis engagé à poursuivre dans le sens de l'impulsion donnée par Christopher Jackson. Je désire maintenir toute la rigueur de l'interprétation historique qui a fait la réputation du Studio, tout en m'efforçant de le faire rayonner en tant que pionnier de la musique ancienne au Québec, au Canada et à l'étranger. »

Andrew McAnerney ajoute par ailleurs se sentir extrêmement privilégié. « Je prends un réel plaisir à concocter des saisons qui mettent en valeur les talents de nos artistes, tout en offrant des expériences riches et diversifiées au public », dit cet Anglais d'origine.

Vous voulez voir?

Chants de la Nouvelle-France

Studio de musique ancienne de Montréal

Samedi 15 juillet, 14 h

Abbaye Saint-Benoît-du-Lac

Entrée : 44 $




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